
Le Président de la République Félix Tshisekedi veut y croire. Ou du moins faire croire qu’il y croit. À l’approche de la 37ᵉ session ordinaire du Conseil national du Travail, prévue du 21 au 24 avril, le Chef de l’État a tenu à rappeler l’importance de ce rendez-vous tripartite, censé réunir le gouvernement, les syndicats et les employeurs dans un rare exercice de démocratie sociale made in Kinshasa.
Dans un ton grave relayé par le porte-parole du Gouvernement Patrick Muyaya, le Président appelle à « un moment d’écoute sincère, de propositions audacieuses et d’engagements fermes ». Tout un programme.
Le décor, lui, est déjà en place. Les travaux préparatoires se sont tenus le 8 avril dernier. Mais derrière les mots soigneusement pesés de la présidence, une évidence s’impose : l’exécutif marche sur une corde raide. Le pays ploie sous le poids d’un coût de la vie en ascension constante, d’un marché du travail informel et d’une protection sociale en lambeaux.
Le Président Tshisekedi, qui entame son second mandat avec les promesses du premier encore en circulation, demande cette fois du « concret, du réaliste, de l’applicable ». Pas moins. Renforcement du pouvoir d’achat, encadrement de l’emploi des étrangers, dignité au travailleur congolais, révision du système social… L’inventaire est long, les moyens, eux, souvent absents.
LUKEKA KALUME