Découverte et insolite. Pendant 200 ans, les Européens ont cru que la tomate allait les tuer

Et ils avaient une bonne excuse : ce sont leurs assiettes qui les empoisonnaient

Paris, XVIe Siècle – Aujourd’hui, impossible d’imaginer une cuisine sans tomate. Pourtant, pendant deux siècles, la France et l’Angleterre l’ont cultivée uniquement… pour la regarder. Personne n’osait la croquer. On la pensait mortelle.

Comment un fruit aussi banal a-t-il pu terrifier tout un continent ? L’histoire est un mélange de botanique, de chimie et de snobisme.

Raison N°1 : Elle vient d’une famille de tueuses

Quand les conquistadors ramènent la tomate du Mexique en 1540, les botanistes européens paniquent.

Ils la mettent dans la famille des Solanacées. Une famille qu’on surnommait « les plantes du diable ».

Dans la même famille, on trouve :

– La belladone, qui tue en 3 baies

– La mandragore, qui rend fou

– La jusquiame, poison des sorcières

Et le pire : les feuilles et la tige de la tomate sont réellement toxiques. Elles contiennent de la solanine. Les savants de l’époque ont fait un raccourci logique : si la plante est un poison, le fruit aussi.

On l’a surnommée « pomme d’or » ou « pomme d’amour », on la mettait dans les jardins des rois comme décoration exotique. Mais la manger ? Impensable.

Raison N°2 : L’assiette qui tuait les riches – La fausse preuve

C’est l’erreur qui a tout scellé. Et c’est une histoire de chimie.

Au XVIIe et XVIIIe siècle, les riches mangeaient dans des assiettes en étain. Mais cet étain était de mauvaise qualité, il contenait énormément de plomb.

Or, la tomate est très acide. Quand vous versez une sauce tomate chaude et acide sur une assiette en plomb, l’acidité attaque le métal et libère le plomb dans la nourriture.

Résultat : l’aristocrate mange sa tomate, il est pris de vomissements, de coliques terribles, certains meurent d’une intoxication au plomb appelée saturnisme.

Les pauvres, eux, qui mangeaient dans des bols en bois, mangeaient les mêmes tomates sans jamais tomber malades.

La conclusion s’est imposée d’elle-même pour les médecins de l’époque : la tomate est un poison qui ne tue que les nobles. Une preuve parfaite que c’était un fruit maudit.

Raison N°3 : Le témoignage des pauvres qui a tout changé

Qui a sauvé la tomate ? Les pauvres du Sud.

En Espagne, en Italie, les paysans n’avaient pas d’assiettes en étain. Ils avaient faim. Vers 1700, ils ont commencé à cuire la tomate, à la faire mijoter longtemps, ce qui détruit une partie de l’acidité.

Et ils ne mouraient pas.

C’est à Naples, vers 1880, qu’un pizzaiolo a eu l’idée de génie de mettre de la tomate, de la mozzarella et du basilic sur une pâte à pain pour honorer la Reine Margherita. La pizza est née, et avec elle, la réhabilitation mondiale de la tomate.

Les Français et les Anglais, voyant que les Italiens survivaient très bien, ont finalement osé la goûter.

Moralité de l’histoire :

Pendant 200 ans, les Européens ont accusé la tomate d’être toxique. En réalité, ce n’était pas la tomate qui était toxique. C’était leur assiette.

Comme quoi, parfois, on accuse le mauvais coupable pendant des siècles.

 

Freddy Millions Mbwebwe

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