EAC-SADC | Tshisekedi salue la nouvelle facilitation des 5 ex-chefs d’État et exige le retrait total des forces étrangères

C’est un énième ballet diplomatique pour tenter de ramener la paix dans l’Est de la RDC. Lundi soir, lors du 2ᵉ sommet conjoint entre la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), cinq anciens chefs d’État africains ont été nommés facilitateurs dans le bourbier congolais. Objectif affiché : donner un nouveau souffle à une médiation jusque-là enlisée.

La sélection de ces cinq figures – Olusegun Obasanjo (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya), Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud), Catherine Samba-Panza (Centrafrique) et Sahle-Work Zewde (Éthiopie) – répond, selon le communiqué final, à des critères de « genre, représentation régionale et linguistique ». Un équilibre délicat qui cache mal l’urgence de la situation. Car la crise sécuritaire dans l’Est du pays reste explosive.

L’un des premiers chantiers de ce groupe de facilitateurs sera de désigner un médiateur, chargé de prendre la relève du président angolais João Lourenço. Une transition que Félix Tshisekedi, intervenant en visioconférence, a saluée d’un hommage appuyé à Lourenço, loué pour son « courage et sa constance ». Mais derrière les mots, l’heure est au constat d’échec : malgré les efforts, la situation sur le terrain reste critique.

La RDC, en première ligne, presse pour des avancées concrètes. Lors du sommet, Tshisekedi a martelé l’impératif d’un « cessez-le-feu immédiat et d’un retrait total, vérifiable et durable de toutes les forces étrangères ». Il en appelle au respect des engagements pris en février à Dar es Salaam et à la mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Un message limpide, adressé à peine voilé au Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23.

Récemment, le M23 et l’armée rwandaise ont annoncé leur retrait de Walikale, un territoire clé dans le Nord-Kivu. Un pas dans la bonne direction ? Pas suffisant pour Kinshasa.

« Aucun autre drapeau que celui de la RDC ne peut flotter sur notre territoire », a tonné Tshisekedi, soulignant que d’autres zones restent occupées.

Face à cette impasse, la feuille de route adoptée lors de la réunion ministérielle conjointe du 17 mars à Harare prévoit des mesures à court, moyen et long terme. Mais les efforts diplomatiques ont jusque-là peu pesé face aux dynamiques de terrain, où les rapports de force se jouent souvent à la kalachnikov plutôt qu’à la table des négociations.

Pour l’instant, la machine diplomatique tourne. Coprésidé par William Ruto (Kenya) et Emmerson Mnangagwa (Zimbabwe), ce sommet tente de relancer une médiation à bout de souffle.

 

LUKEKA KALUME

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