Goma sous menace | « L’armée rwandaise est prête à envahir la RDC » alerte le journal britannique “The Guardian”

Selon des informations qui viennent d’être relayées à 23h07′ de ce samedi 25 janvier, par le journal britannique The Guardian, des troupes rwandaises auraient franchi la frontière pour soutenir les rebelles du M23. Leur objectif ? S’emparer de la ville de Goma avant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU prévue ce dimanche.

Des sources de renseignement ont révélé que les Forces de défense rwandaises (FDR) auraient discrètement traversé la frontière pour appuyer une offensive rapide du M23. Des soldats rwandais seraient massés à seulement quelques centaines de mètres de Goma, tandis que leurs hauts commandants se trouveraient à Gisenyi, côté rwandais, à moins d’un kilomètre de la frontière.

Un informateur cité par le journal britannique a déclaré :

« L’armée rwandaise est alignée à la frontière, prête à envahir.

La tension monte avec des affrontements violents signalés samedi entre l’armée congolaise et les unités avancées du M23. Treize casques bleus ont perdu la vie, dont neuf Sud-Africains, trois Malawites et un Uruguayen. D’après des témoins, les combats se rapprochent des limites de la ville, menaçant également les camps de réfugiés qui accueillent plus d’un million de déplacés.

Une source militaire congolaise a confié que « les défenses de Goma tiennent encore de justesse », tout en avertissant que les rebelles, soutenus par Kigali, cherchent à contrôler la ville avant que le Conseil de sécurité ne puisse agir.

Face à l’escalade, Kinshasa a rappelé ses diplomates du Rwanda et a exigé la fermeture des activités diplomatiques rwandaises à Kinshasa dans un délai de 48 heures, selon une lettre du ministère des Affaires étrangères citée par The Guardian.

Un scénario qui rappelle 2012

Le spectre de 2012 plane. À l’époque, le M23 avait brièvement occupé Goma avant de se retirer sous la pression internationale exercée sur le Rwanda. Cette fois, les services de renseignement cités par The Guardian estiment que Kigali veut aller plus loin en prenant Goma avant une éventuelle réaction de la communauté internationale.

Avant l’arrivée récente de nouvelles troupes rwandaises, jusqu’à 4 000 soldats des FDR opéreraient déjà sur le territoire congolais. Les observateurs craignent également une avancée vers Bukavu, une autre ville stratégique située au sud du lac Kivu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

Les avancées du M23 ont aggravé la situation humanitaire dans la région. Ces dernières semaines, les rebelles ont pris le contrôle de Minova et de Sake, des points stratégiques sur les routes d’approvisionnement de Goma. Les pénuries de nourriture, d’eau et d’électricité se multiplient dans une ville déjà fragilisée.

Clémentine de Montjoye, de Human Rights Watch, alerte :

« La situation est catastrophique. Aujourd’hui, nous recevons des rapports de combats au nord et à l’ouest de la ville, ainsi que de pénuries d’eau et d’électricité. Compte tenu du grand nombre de civils cherchant refuge à Goma, il est impératif que toutes les parties soient pressées de protéger les civils et les infrastructures. »

La communauté internationale peine à s’accorder sur une réponse ferme envers le Rwanda. Les critiques pleuvent sur le Royaume-Uni, les États-Unis et la France, accusés d’être trop proches du président Paul Kagame. Dans une déclaration, l’Union européenne a toutefois été claire :

« Le Rwanda doit cesser son soutien au M23 et se retirer. »

Rédaction

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