
Conflit de limites qui dure depuis des décennies entre Kasaï-Central et Kasaï-Oriental. Le VPM de l’intérieur annonce une commission mixte.
Kinshasa, 30 septembre 2026 – Il fallait désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose. C’est ce qu’a tenté le vice-Premier ministre de l’intérieur, sécurité et affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo
Dans le cadre de son itinérance sécuritaire dans l’espace Grand-Kasaï, Shabani a tenu ce lundi 28 septembre une séance de travail directement au bord du lac Munkamba, dans le territoire de Kabeya-Kamwanga (Kasaï-Oriental).

Autour de la table : Joseph Moïse Kambulu, gouverneur du Kasaï-Central, et Jean-Paul Mbwebwa Kapo, gouverneur du Kasaï-Oriental.
Le problème : un conflit de limites administratives qui pourrit la vie des riverains depuis des régimes. Il oppose :
– Le territoire de Dimbelenge (Kasaï-Central)
– Le territoire de Kabeya-Kamwanga* (Kasaï-Oriental)
– Et une partie de Dibaya (Kasaï-Central)
Au centre : le lac Munkamba. Une ressource vitale. Pêche, agriculture, terres. Les communautés s’accusent mutuellement d’empiètement sur les terres et de violation des limites coutumières, surtout pendant les périodes de culture et de récolte.

La solution Shabani : la science, pas la force.
Le VPM annonce la mise en place prochaine d’une commission mixte composée d’experts de l’institut géographique du Congo (IGC) et d’autres services techniques compétents.
Mission :
1. Examiner avec précision les limites contestées à partir de données cartographiques
2. Proposer des solutions appropriées et durables
3. Prévenir toute nouvelle tension entre communautés
« Cette commission aura pour mission d’examiner les limites contestées et de proposer des solutions appropriées, en vue de prévenir toute nouvelle tension entre les communautés concernées », précise le communiqué du ministère de l’intérieur parvenu mardi à l’ACP.
Les deux gouverneurs ont exprimé leur volonté commune d’une résolution pacifique.
Ce n’est pas le seul chantier de Shabani dans la région. Dimanche 27 septembre à Mbuji-Mayi, il avait déjà annoncé un forum de paix pour Katanda, autre foyer de conflits communautaires au Kasaï-Oriental, plus le renforcement des effectifs de la PNC.
Reste la question : après des décennies de conflits non résolus par plusieurs gouvernements, la carte de l’IGC suffira-t-elle à éteindre les braises ?
Willy Ulengu