Kinshasa dans le noir : La SNEL sort l’arme turque, un bateau-centrale de 135 MW attendu à Matadi dans 3 semaines

Kinshasa, 1er octobre 2026 – L’électricité de la capitale va-t-elle enfin tenir ? La Société nationale d’électricité SNEL SA et l’entreprise turque Karpowership ont conclu un accord historique ce mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa pour le déploiement d’un bateau-centrale d’une capacité de 135 MW.

Objectif : produire à Matadi pour soulager la desserte de Kinshasa, exsangue depuis des mois.

Le navire sera acheminé en RDC dans un délai de trois semaines

Selon le Directeur général de la SNEL SA, le Prof. Dr Ir Teddy Lwamba, qui a présidé la séance de travail, les échanges ont porté sur les prochaines étapes avec une capacité initiale estimée entre 130 et 135 MW.

Karpowership, spécialiste mondial de la production d’électricité à partir de centrales flottantes, s’est dite disposée à accélérer le processus pour permettre l’avancement des premières étapes opérationnelles dans les prochains mois.

Comment ça marche ?

Cette solution doit permettre de produire rapidement de l’électricité et de l’injecter directement dans le réseau national. Le bateau-centrale sera installé à Matadi et son courant injecté vers Kinshasa.

L’objectif est de renforcer l’offre énergétique et d’améliorer la desserte des abonnés, en particulier à Kinshasa où les coupures sont quotidiennes.

Pour Teddy Lwamba, l’initiative s’inscrit dans la volonté de la SNEL de diversifier ses sources de production au-delà de l’hydroélectricité. L’entreprise doit composer avec des contraintes saisonnières, comme l’étiage qui réduit la production des centrales hydroélectriques d’Inga et de Zongo.

Karpowership est présente dans plusieurs pays d’Afrique et du monde. Elle dispose d’une flotte de navires-centrales représentant plusieurs milliers de mégawatts de capacité installée.

En parallèle, la pression monte sur la SNEL

Le même 30 septembre, l’ONG African Women for Natural Resources AWNR, par sa directrice Johanna Kamala, a appelé la SNEL à réhabiliter et moderniser ses infrastructures pour assurer une distribution optimale.

Dans un document consulté par l’ACP, elle recommande :

« Nous recommandons à la Snel de réhabiliter et moderniser ses infrastructures afin d’assurer une distribution optimale de l’énergie électrique, d’en garantir l’entretien, la maintenance et la sécurisation, ainsi que de lutter contre les dérives de gestion locale par un contrôle rigoureux et des inspections périodiques »

Elle suggère également au gouvernement de construire de nouvelles centrales, diversifier vers les renouvelables, investir dans des projets moins coûteux près des populations, et de s’acquitter régulièrement de ses factures d’électricité.

La signature le 16 septembre dernier d’un protocole d’accord entre le gouvernement provincial de Kinshasa et la SNEL pour l’éclairage public n’avait pas convaincu. Les Kinois attendaient du courant dans les ménages, pas seulement dans les rues.

Avec ce bateau-centrale de 135 MW, la SNEL tente de répondre. Reste à voir le prix du kilowattheure qui sera facturé à l’Etat.

 

Willy Ulengu

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