
À l’entrée de la ville de Likasi, dans la province du Haut-Katanga, le poste de contrôle de Buluo suscite de plus en plus d’inquiétudes parmi les usagers de la Route nationale n°39. Plusieurs voyageurs affirment être confrontés à des contrôles jugés excessifs durant les heures nocturnes, une situation qui alimente le débat sur l’équilibre entre les impératifs de sécurité et le respect des droits des citoyens.
« La sécurité est nécessaire, mais elle ne doit pas devenir une source de désagrément pour les honnêtes citoyens », confient plusieurs voyageurs rencontrés sur cet axe routier stratégique reliant notamment Lubumbashi à Likasi.
Selon des témoignages concordants, les difficultés seraient particulièrement observées après 20 heures, période durant laquelle les contrôles se renforcent au niveau de l’ancien poste de péage de Buluo, aujourd’hui utilisé comme point de surveillance sécuritaire.
Des passagers rapportent avoir été immobilisés pendant de longues périodes pour vérification de leurs documents d’identité. D’autres évoquent des demandes d’argent qu’ils considèrent comme irrégulières. À ce stade, ces allégations reposent principalement sur des témoignages recueillis auprès des usagers et nécessitent une vérification approfondie par les autorités compétentes.
« Toute accusation mérite d’être examinée avec rigueur et impartialité », rappellent les spécialistes des questions de gouvernance publique.
Cette situation préoccupe particulièrement les transporteurs, les commerçants et les voyageurs qui empruntent régulièrement cet itinéraire pour leurs activités professionnelles. Beaucoup estiment que les retards répétés affectent la fluidité du trafic et augmentent les coûts liés au transport des personnes et des marchandises.
« Chaque heure perdue sur la route a un impact économique réel », soulignent plusieurs opérateurs du secteur.
Pour les experts en sécurité, la présence des services de contrôle demeure indispensable dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la protection des populations et à lutter contre diverses formes de criminalité. Toutefois, ils rappellent que l’efficacité des dispositifs sécuritaires repose également sur le respect des procédures légales et sur le professionnalisme des agents chargés de leur application.
« La confiance du citoyen constitue un élément central de toute politique sécuritaire efficace », soulignent-ils.
Le débat n’est pas nouveau en République démocratique du Congo. Ces dernières années, plusieurs organisations de la société civile ainsi que des acteurs du secteur des transports ont régulièrement attiré l’attention des autorités sur la problématique des tracasseries routières observées sur certains axes du pays. À plusieurs reprises, le gouvernement central a annoncé des mesures destinées à rationaliser les postes de contrôle et à réduire les prélèvements illégaux signalés par les usagers.
Dans le cas spécifique de Buluo, les appels se multiplient pour qu’une évaluation objective de la situation soit menée. Des voyageurs demandent davantage de transparence dans les opérations de contrôle tandis que d’autres plaident pour un renforcement de la supervision administrative afin d’identifier d’éventuels dysfonctionnements.
« La sécurité et le respect des droits des usagers doivent avancer ensemble », résume un observateur local.
En attendant d’éventuelles mesures, les voyageurs sont encouragés à se munir de leurs pièces d’identité et des documents requis avant tout déplacement nocturne. Cette précaution, rappellent les autorités dans plusieurs campagnes de sensibilisation, demeure une obligation légale susceptible de faciliter les contrôles et de limiter certains désagréments.
L’évolution de ce dossier sera suivie avec attention dans les semaines à venir. Si les préoccupations exprimées par les usagers sont confirmées par des enquêtes administratives ou des contrôles officiels, elles pourraient conduire à des ajustements dans l’organisation du dispositif sécuritaire. À l’inverse, si les contrôles s’inscrivent dans le strict respect de la réglementation, les autorités auront tout intérêt à renforcer leur communication afin de dissiper les incompréhensions. Une chose demeure certaine : dans une province où la mobilité constitue un levier essentiel de l’activité économique, la fluidité des déplacements et la confiance entre citoyens et services de sécurité restent des enjeux majeurs pour l’avenir.
Dan Banze Lwaba