
L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi une résolution autorisant le Procureur général près la Cour de cassation à ouvrir une instruction judiciaire contre Constant Mutamba, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
Il est soupçonné de détournement de 19 millions de dollars américains sur les 39 millions alloués au projet de construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo, ainsi que de violations des procédures de passation de marchés publics.
Cette décision intervient après l’examen du rapport de la Commission spéciale chargée d’étudier le réquisitoire du Procureur général Firmin Mvonde. La commission a évoqué des « zones d’ombre » et des contradictions persistantes dans les documents fournis, nécessitant selon elle une instruction judiciaire pour établir les faits.
« Les faits mis à charge du ministre Mutamba sont d’une extrême gravité. Il est de droit que le présumé auteur puisse présenter ses moyens de défense », a déclaré André Lite, rapporteur de la Commission spéciale.
Bien avant cela, réagissant à cette procédure, Constant Mutamba avait vivement contesté la légitimité de l’action judiciaire, accusant le procureur général d’agir par règlement de comptes, alors même qu’il serait lui-même sous enquête.
« Dites-lui qu’il ne me verra jamais. Je n’ai pas peur de la prison. Celui qui fait l’objet d’enquêtes ne peut pas initier une action contre le ministre de la Justice », a-t-il déclaré devant des agents de son ministère.
Sous les applaudissements de ses collaborateurs, il a accusé Firmin Mvonde de faire partie « d’un groupe de mafieux kabilistes » et de vouloir ternir son image.
« Dites-leur que je suis prêt, je suis à Kinshasa. Je suis au palais de justice. Qu’il justifie aussi ses biens ! », a-t-il lancé.
Il s’agit de la troisième démarche parlementaire visant le ministre dans le cadre de ce projet controversé, après les interpellations précédentes de Fontaine Mangala et Willy Mishiki.