Ituri | À Kinshasa, le Général Luboya fait le point sur la reconquête sécuritaire et l’avancement des grands chantiers de développement

Sous état de siège depuis près de trois ans, la province de l’Ituri n’en finit pas de conjuguer sécurité et développement au présent tendu. Tandis que les armes n’ont pas encore complètement cessé de parler, les chantiers, eux, avancent. Le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya, est arrivé à Kinshasa ce vendredi 4 avril.

À l’ordre du jour : faire le point sur les opérations militaires contre les groupes armés encore actifs dans la région, mais aussi présenter les progrès des grands projets d’infrastructure censés redonner un souffle de normalité à cette province meurtrie.

Selon son porte-parole, le lieutenant Jules Ngongo, la visite s’inscrit dans une double logique : rendre compte à la hiérarchie nationale de la situation sécuritaire sur le terrain et réaffirmer la volonté du pouvoir central de maintenir le cap sur le développement.

Quelques jours plus tôt, le chef d’état-major en charge des opérations, le général Yshaligonza Jacques, foulait le sol de Bunia. Accompagné du gouverneur Luboya, il a visité plusieurs chantiers emblématiques de cette volonté de « restauration de l’autorité de l’État », selon les mots officiels. Premier arrêt : l’aéroport national Murongo, dont la piste d’atterrissage est en cours d’élargissement.

« C’est l’avion, la contrainte, les efforts… c’est beaucoup plus quand il est arrêté », a commenté, sibyllin, le général Yshaligonza, comme pour rappeler que c’est en mouvement que se bâtit la résilience.

La délégation s’est ensuite dirigée vers l’Université de Bunia (UNIBU), autre symbole d’un Ituri qui tente de regarder au-delà de ses traumatismes. Là aussi, les chiffres veulent rassurer : les travaux de construction sont achevés à 70 %. L’asphaltage de la voirie urbaine se poursuit. Sur le chemin, les engins de chantier s’activent. La route avance, comme le récit officiel d’un redressement en cours.

Dans une province longtemps considérée comme ingouvernable, l’État s’affiche. Et c’est par les infrastructures qu’il entend prouver sa présence.

« Autrefois terre de conflits armés et de sous-développemen », l’Ituri est désormais présentée comme une vitrine de l’action du président Félix Tshisekedi, sous l’œil bienveillant et ferme de son gouverneur militaire.

Mais si les grues et les bulldozers font du bruit, les kalachnikovs, elles, ne se sont pas tues. Les groupes armés locaux et étrangers n’ont pas déserté les forêts. Et c’est bien là le paradoxe : bâtir dans la guerre, espérer la paix par le béton, tout en poursuivant les opérations militaires. Un équilibre fragile, que le général Luboya est venu défendre dans les salons feutrés de la capitale.

LUKEKA KALUME

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