Congo Airways | Face aux dérives, le Président de la République exige un plan de relance “réaliste et encadré”

Dans le compte rendu de la 83e réunion du Conseil des ministres, présidée par le président de la République, chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ce vendredi 20 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine, le deuxième point de la communication présidentielle a porté sur la situation préoccupante de Congo Airways.

Le Chef de l’État a indiqué avoir été saisi du rapport d’une mission d’enquête mixte, conduite en décembre 2025, associant l’Inspection générale des finances, le Conseil supérieur du portefeuille et l’Autorité de l’aviation civile. Cette mission avait pour objectif d’examiner les faits dénoncés par un collectif d’agents de la compagnie, ainsi que d’évaluer la régularité, la conformité et la performance de sa gestion administrative, financière et opérationnelle.

Selon les conclusions présentées, malgré les efforts engagés dans le cadre du plan d’urgence de relance – dont le financement avait été instruit lors de la 111e réunion du Conseil des ministres du 15 septembre 2023 et rappelé lors de la 3e réunion du 28 janvier 2024 – la compagnie demeure confrontée à de graves dysfonctionnements. Ceux-ci compromettent, à ce stade, toute perspective de relance efficace et durable.

Cette dégradation continue expose l’État actionnaire à des risques juridiques, financiers et réputationnels significatifs. Elle intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué notamment par le processus de renouvellement de la flotte aérienne récemment acquise par la Caisse nationale de sécurité sociale, sur lequel le président a exigé que toute la lumière soit faite, notamment en ce qui concerne les modalités de financement et de capitalisation au sein de l’entreprise.

Dans le même temps, il a été rappelé que l’État devra s’acquitter de ses obligations financières envers la compagnie, notamment par le paiement des droits dus, afin de lui permettre de mobiliser les ressources nécessaires à sa relance.

Tirant les conséquences de ces constats, le président de la République a engagé le vice-Premier ministre en charge des Transports et voies de communication, le ministre des Finances ainsi que la ministre du Portefeuille, sous la supervision de la Première ministre, à élaborer un plan de relance actualisé. Celui-ci devra être réaliste, financièrement encadré et adossé à des mécanismes clairs de contrôle interne, de conformité réglementaire et d’audit approfondi, notamment en matière de gestion des ressources humaines.

Le dispositif attendu devra également intégrer un système de reporting institutionnel régulier à l’État actionnaire, afin de renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion de l’entreprise. L’objectif affiché est de poser les bases d’une restructuration en profondeur de la gouvernance managériale, en restaurant la discipline de gestion, en améliorant les processus décisionnels et en alignant les pratiques internes sur les standards de bonne gouvernance.

À terme, ces réformes devront permettre de définir un modèle de gestion fondé sur la performance, la soutenabilité financière et l’efficacité opérationnelle, conditions jugées indispensables pour assurer la viabilité durable de la compagnie, sa compétitivité sur le marché du transport aérien et la préservation des intérêts stratégiques de l’État.

Divine Atante 

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