RDC | La Belgique condamne la prise de tête de Joseph Kabila au FRN et redoute une nouvelle escalade armée

La Belgique a fermement condamné la décision de l’ancien président congolais Joseph Kabila de prendre la direction du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire annoncée à Goma le 12 octobre 2026.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a qualifié cette démarche de « déplorable, incompréhensible et inacceptable », tout en mettant en garde contre les risques d’une nouvelle escalade armée en République démocratique du Congo (RDC).

S’exprimant devant la Commission des relations extérieures de la Chambre des représentants, le chef de la diplomatie belge a exprimé son opposition au recours à la violence armée pour contester les institutions congolaises. Bruxelles estime qu’une reprise ou une intensification des combats aurait des conséquences particulièrement graves pour les populations civiles, notamment dans l’est du pays, déjà confrontées à une situation sécuritaire et humanitaire difficile.

Face à cette évolution, la Belgique plaide pour la poursuite du dialogue, le respect du cessez-le-feu et la préservation des avancées enregistrées dans les processus de paix de Doha et de Washington. Elle appelle les différentes parties à privilégier les négociations plutôt qu’une nouvelle confrontation militaire.

Le FRN, une nouvelle coalition politico-militaire

Annoncé à Goma le 12 octobre 2026, le Front pour la Refondation de la Nation se présente comme une restructuration de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), avec l’intégration de la rébellion du M23 dans cette nouvelle configuration politico-militaire.

Selon la structure de commandement présentée par le mouvement, Joseph Kabila en assure la présidence. Il est secondé par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et dirigeant de l’AFC, ainsi que par Bertrand Bisimwa, responsable politique du M23, et le général Sultani Makenga, chef militaire de cette rébellion.

Dans sa déclaration fondatrice, lue par sa porte-parole, Claudie Balanki, le FRN affirme vouloir fédérer les forces de l’opposition, armées et non armées, autour d’un objectif de changement politique en RDC.

Le mouvement justifie sa démarche par l’article 64 de la Constitution congolaise, qui reconnaît le devoir de tout Congolais de faire échec à toute personne qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles. Il présente ainsi son action comme une entreprise de « libération du pays », tout en appelant à mettre fin au pouvoir du président Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de tyrannie.

Une crise politique aux conséquences sécuritaires

L’entrée de Joseph Kabila à la tête de cette coalition intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires. L’ancien président a par ailleurs été condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise pour trahison, selon les informations rapportées sur cette affaire.

La prise de position de Bruxelles souligne les inquiétudes suscitées par cette nouvelle configuration politico-militaire, alors que les efforts diplomatiques visent à contenir les violences et à favoriser une issue négociée à la crise dans l’est de la RDC.

Pour la Belgique, la priorité demeure la protection des civils, le respect du cessez-le-feu et la poursuite des initiatives diplomatiques. L’évolution du FRN, les réactions des autorités congolaises et la capacité des processus de Doha et de Washington à maintenir une dynamique de paix seront déterminantes pour la suite de la crise.

 

Willy Ulengu Samuanda

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