
La Cour militaire de Kinshasa/Gombe a rendu un verdict important jeudi, condamnant 21 prévenus, dont deux militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), pour leur implication présumée dans le financement du terrorisme de l’organisation M23 dans l’Est du pays.
Le Lieutenant-colonel Boji Mohula Marius et le Capitaine Mugisho Bagengashabanga Achille, tous deux du Renseignement militaire au Sud-Kivu, ont été accusés d’avoir facilité le transfert d’argent et la traversée de tonnes de minerais d’or entre les tenanciers des comptoirs d’or à Bukavu et le gouvernement rwandais.
La Cour a prononcé des peines allant de 5 à 10 ans de servitude pénale principale, soulignant la gravité des charges retenues. De plus, l’interdiction de séjour sur le territoire national de la République démocratique du Congo a été décidée pour deux condamnés, Bavej Katrotie et Labari Shayleshi, propriétaires de comptoirs d’or à Bukavu.
Le juge président de la cour a déclaré : « En outre, la cour acquitte neuf prévenus et les renvoie de toute poursuite judiciaire. » Parmi les acquittés figurent Ikwa Ekita Jacques et Nabintou Musakaza Solange, respectivement directeur et directeur provincial adjoint de la Migration au Sud-Kivu.

La confiscation d’actifs a également été décrétée, avec la cour ordonnant la saisie au profit de l’État congolais de 200 000 dollars américains, cinq colis d’or, 19 ordinateurs, quatre balances d’or, sept fours, trois testeurs et des téléphones, tous saisis auprès des prévenus et conservés à la Banque centrale du Congo (BCC).
Ces avoirs, provenant du commerce des minerais, auraient été utilisés pour l’achat d’armes, de munitions et d’autres fournitures militaires au profit des terroristes M23. Ce verdict marque une étape significative dans la lutte contre le financement du terrorisme dans la région et souligne l’engagement ferme des autorités judiciaires à poursuivre les responsables de tels actes.
Placide Lukeka