
La vie dans le groupement Kasanganayi, secteur de Muanza Ngoma, est rythmée par une lutte quotidienne contre les éléments et l’indifférence. Le 11 février 2026, une mission de monitoring menée par la Coordination de la Nouvelle Société Civile Congolaise de Demba a mis en lumière la détresse profonde des populations vivant de part et d’autre de la rivière Muanza Ngoma. Cette artère fluviale, qui sépare les villages de Tshikata et Tshibulu sur l’axe reliant la société LA TEN BA à Bakua Mbayi, s’est transformée en un véritable « chemin de la mort », menaçant la sécurité et le développement de milliers de Congolais.
Un danger quotidien, une tragédie annoncée
Les conditions de traversée de la rivière Muanza Ngoma sont alarmantes. Sans aucune infrastructure sécurisée, les habitants sont contraints d’utiliser des moyens de fortune, s’exposant ainsi à des risques constants de noyade. Les témoignages recueillis par la société civile font état de tragédies humaines évitables : vies perdues, familles endeuillées, et pertes matérielles considérables lorsque des biens essentiels sont emportés par les courants. Cette épreuve quotidienne n’est pas seulement une question de survie, elle est aussi un frein majeur au développement économique et social de la région.
« La situation sur le terrain est alarmante, » déclare Marcel Masanka, coordinateur territorial de la nouvelle société civile. « Chaque jour, nos populations risquent leur vie pour des besoins basiques. L’absence d’un pont est une injustice criante. »
Un appel urgent aux autorités pour la construction d’un pont
Face à cette détresse, Marcel Masanka lance un appel vibrant et pressant aux autorités compétentes, tant au niveau national qu’à l’administration provinciale du Kasaï Central. L’urgence est absolue : la construction d’un pont sur la rivière Muanza Ngoma est impérative. Ce projet d’infrastructure n’est pas une simple dépense, mais un investissement vital qui pourrait sauver d’innombrables vies et transformer radicalement les conditions de vie de milliers de personnes.
« Nous exhortons également les autorités locales ainsi que les bénévoles à mettre à disposition des tronçonneuses et autres équipements nécessaires pour faciliter le travail de défrichage et d’aménagement des infrastructures de traversée, » ajoute Marcel Masanka, soulignant la nécessité d’une mobilisation communautaire en attendant la concrétisation du projet principal.
Un levier de développement pour une région isolée
L’absence d’un pont sécurisé maintient la population dans une impasse, accentuant un sentiment d’abandon et d’isolement. La construction de cet ouvrage d’art ouvrirait des perspectives de développement considérables pour la région :
* Sécurité alimentaire : Faciliter l’acheminement des produits vivriers des zones de production vers les marchés, garantissant un approvisionnement plus stable et des prix plus justes.
* Accès aux soins : Permettre un accès plus rapide et plus sûr aux centres de santé, réduisant ainsi la mortalité due aux retards de prise en charge médicale.
* Éducation : Offrir de meilleures conditions d’encadrement pour les enfants, en facilitant leur accès aux établissements scolaires et en réduisant les risques liés à leurs déplacements.
* Dynamisation économique : Stimuler l’économie locale par la fluidification des échanges commerciaux et la création de nouvelles opportunités d’emploi.
* Renforcement social : Améliorer les liens entre les communautés voisines, favorisant ainsi la cohésion sociale et le développement communautaire.

Un appel à la solidarité nationale
La Nouvelle Société Civile Congolaise de Demba lance un appel solennel à la solidarité. Il est temps que les autorités, les acteurs humanitaires, les entreprises locales et tous les Congolais attachés à la justice et au développement unissent leurs forces pour faire de ce projet une réalité. La construction du pont sur la rivière Muanza Ngoma n’est pas seulement un projet d’infrastructure, c’est un acte de justice sociale et un investissement dans l’avenir d’une population oubliée. Ensemble, il est possible de mettre fin à cette « traversée de la mort » et d’offrir un avenir plus sûr et plus prospère aux habitants du Kasaï Central.
Freddy Millions Mbwebwe
