
La Première ministre congolaise a effectué, ce mardi 12 mai, une descente sur le terrain pour évaluer l’avancement des rocades Sud-Est et Sud-Ouest. Avec un taux d’exécution de 40 %, ce projet pharaonique de 73 kilomètres doit relier les périphéries de la capitale d’ici 2027. Le gouvernement s’engage à finaliser les expropriations pour lever les derniers verrous fonciers.
Le temps presse pour les infrastructures de la capitale. Judith Suminwa Tuluka, accompagnée du gouverneur de Kinshasa et de membres de son cabinet, a inspecté les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest. Ce projet, lancé en juin 2024 dans le cadre du contrat sino-congolais renégocié (Sicomines), est la pièce maîtresse du plan de mobilité urbaine visant à contourner le centre-ville pour fluidifier un trafic chroniquement saturé.
Sur le terrain, les chiffres commencent à prendre forme. Selon l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), 73 kilomètres de routes sont actuellement en phase de terrassement ou de revêtement. L’ouvrage inclut des infrastructures complexes, notamment trois ponts majeurs (90 à 180 mètres) et un échangeur à trois niveaux à Mitendi, point de jonction stratégique avec la Route Nationale 1 (RN1).
« Il était impératif de constater de visu l’évolution réelle au-delà des rapports de bureau », a martelé la Première ministre après avoir franchi à pied le futur pont sur la rivière Mfuti.
Si les ingénieurs de la firme chinoise CREC 8 maintiennent la cadence, le principal obstacle demeure humain et financier : l’expropriation. Près de 3 000 propriétés sont impactées par le tracé. Judith Suminwa a fait de la libération des emprises une priorité absolue pour respecter l’échéance de 2027.
« Le défi reste le règlement des indemnisations. Nous nous sommes accordés avec la partie chinoise pour que tout soit finalisé dans les délais convenus », a-t-elle rassuré, soulignant que le suivi sera assuré par une coordination interministérielle rigoureuse.
Au-delà de Kinshasa, ce projet s’inscrit dans le « corridor Ouest-Est ». L’ambition affichée est de relier le port de Boma, dans le Kongo-Central, au Grand Katanga, en passant par l’espace Kasaï. Pour l’exécutif, ces rocades ne sont pas seulement des voies de délestage urbain, mais les premiers maillons d’une chaîne logistique nationale destinée à désenclaver les provinces et stimuler les échanges commerciaux transfrontaliers via le corridor de Lobito.
Nancy Ndali
