
Un air de gravité régnait, ce 12 mai, dans les salons de la Primature. Face à Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la République démocratique du Congo, une délégation de l’Union européenne conduite par Hans Das, directeur général adjoint d’ECHO – le bras humanitaire de Bruxelles. À l’agenda : l’urgence. Celle qui ronge l’Est du pays depuis des décennies, celle des déplacés, de la faim, du froid, des cliniques débordées et des enfants sans abri.
100 millions d’euros. C’est le chiffre qui claque. Un soutien déjà engagé par l’Union européenne pour faire face à la crise humanitaire en RDC. Une somme destinée à couvrir l’essentiel : soins médicaux, abris de fortune, repas de survie. ECHO promet plus : un accompagnement durable, un engagement à long terme, aux côtés d’un peuple qui s’essouffle mais résiste.
Judith Suminwa salue un « partenariat actif et solidaire ». Un mot poli pour un geste crucial. Car derrière les formules diplomatiques, une réalité s’impose : Kinshasa n’a pas les moyens, seule, de soulager les millions de vies broyées par les conflits à l’Est.


Dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes, cette rencontre sonne comme un appel renouvelé à la solidarité internationale. Bruxelles répond présent. Le gouvernement congolais, lui, promet de rester « mobilisé ».
Mais sur le terrain, dans les collines du Nord-Kivu ou les forêts de l’Ituri, c’est une autre langue qui parle : celle de la faim, des balles, de l’attente.
LUKEKA KALUME