
Le Ministre de la Justice, Constant Mutamba, a lancé une charge virulente contre le procureur général près la Cour de cassation. Une scène surréaliste dans l’enceinte du Palais de justice, entre invectives et allusions mystiques.
C’est une scène rare dans le paysage politique national. En plein Palais de justice de Kinshasa, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a littéralement explosé devant la presse ce lundi 26 mai. Cible de l’ire ministérielle : Firmin Mvonde, procureur général près la Cour de cassation, qu’il accuse de tentative d’humiliation, d’abus de pouvoir et de compromission.
« Dites-lui qu’il était dans le même groupe que les kabilistes, le groupe des maffieux. Il voulait m’humilier, salir ma réputation… », a-t-il lancé devant les caméras, le ton tranchant, avant d’invoquer « le dieu de [ses] ancêtres » contre « leur dieu », qu’il ne nomme pas mais accuse de manœuvres souterraines.
En toile de fond : une procédure judiciaire qui s’annonce risquée. En effet, le procureur Mvonde a récemment saisi le Président de l’Assemblée nationale pour obtenir l’autorisation de poursuivre Mutamba. Une démarche jugée illégale par ce dernier, qui contre-attaque avec une série d’accusations :
« Celui qui fait l’objet d’enquête ne peut pas enclencher une action contre le ministre de la Justice. C’est une faute disciplinaire grave. »

Dans un pays où la séparation des pouvoirs reste fragile, cette escalade entre deux piliers du système judiciaire prend des allures de règlement de comptes à ciel ouvert. Mutamba ne s’arrête pas là. Il interdit au secrétaire général du ministère de la Justice et au directeur de l’administration pénitentiaire de répondre à toute convocation du procureur.
« Ils n’iront pas là-bas », martèle-t-il, comme pour signifier que l’affrontement est désormais total.
Au-delà du choc des institutions, c’est l’équilibre du pouvoir judiciaire qui risque de vaciller.