
À défaut de mammographie, elles ont pris la parole.
Pour clôturer Octobre Rose, mois consacré à la lutte contre le cancer du sein, Sasa Studio a donné la parole aux femmes de Kananga. Objectif : briser le tabou, informer, et surtout, ne plus mourir en silence.
Dans une province où il n’existe aucun hôpital spécialisé pour le cancer du sein, deux voix fortes se sont levées.

Élysée Lusamba, journaliste et coordinatrice provinciale de l’ Union congolaise des femmes des médias, rappelle l’essentiel :
« Beaucoup de femmes connaissent cette maladie de nom, mais elles ne savent pas comment reconnaître les premiers signes »
Elle salue la mobilisation dans les familles, écoles, églises et marchés de Kananga, mais pose la vraie question qui fâche au Kasaï-Central
« À quoi sert-il d’encourager une femme à se faire dépister si elle ne sait pas où aller et si les équipements n’existent pas ? »
Son message aux malades est un message d’espoir :
« Vous n’êtes pas seules. Cette maladie ne diminue en rien votre valeur, votre dignité, encore moins votre féminité »
Même son de cloche chez Maître Alexandre Tshiama Mamba, avocate au Barreau du Kasaï-Central et conseillère communale de Lukonga :
« Nous vous portons à cœur, ne vous sentez pas seules. Le dépistage nous aide à prendre les dispositions nécessaires »
Le constat de Sasa Studio :
La lutte ne peut pas s’arrêter le 31 octobre. Il faut du dépistage permanent, des structures adaptées et un vrai accompagnement. Car plus tôt le cancer est détecté, meilleures sont les chances de survie.
Se faire dépister, c’est agir à temps.
Anastasie Mimbolo
