Promesse de trêve avec le M23 | L’Envol de Sessanga salue l’accord mais recommande le pacte social pour reconstruire la cohésion nationale

L’image est presque irréelle. À Doha, capitale du Qatar, un communiqué conjoint scelle un accord de principe entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23/AFC. Une trêve en vue, un cessez-le-feu bilatéral promis. Dans une région dévastée par des décennies de violences, chaque mot pèse, chaque phrase engage. Mais à Kinshasa, le scepticisme le dispute à l’espoir.

L’Envol, formation politique de l’opposition dirigée par Delly Sessanga, salue une « avancée significative ». Son secrétaire général, Rodrigue Ramazani, voit là « une désescalade » certes, mais pas encore la paix. Pour lui, l’essentiel reste à faire : reconstruire « le tissu de la cohésion nationale », mis en lambeaux par des conflits récurrents, des discours haineux, et un pouvoir qui peine à fédérer.

L’opposition n’est pas dupe. La paix, martèle-t-elle, ne peut être réduite à un simple silence des armes. Le véritable chantier se joue ailleurs : dans un pacte social proposé par la CENCO et l’ECC, un dialogue entre Congolais, sans filtre, sans tabou. Une tentative, peut-être, de renouer avec la promesse de l’unité nationale. Une idée qui n’est pas sans rappeler les conférences souveraines du passé, où l’on parlait pour se reconstruire.

Mais cette main tendue tranche avec la rhétorique présidentielle. On se souvient des mots tranchants de Félix Tshisekedi : « pantins », avait-il craché à propos du M23, en pointant un doigt accusateur vers Joseph Kabila, qu’il soupçonne de tirer les ficelles de l’AFC. Un dialogue avec les rebelles ? « Une ligne rouge », avait-il juré. Et pourtant, voilà que cette ligne semble fléchir.

Dans le communiqué de Doha, le gouvernement et les rebelles promettent un dialogue « constructif », évoquant même les « causes profondes » du conflit. Un changement de ton spectaculaire — ou une simple pause dans la guerre d’usure ? La suite dira si ces mots ne sont que poudre aux yeux ou l’aube d’un réel tournant.

LUKEKA KALUME

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