Guerre dans l’Est | Attendu dans les Grands-lacs sauf au Rwanda, le Chef de la diplomatie belge exhorte la RDC à intensifier ses efforts pour une paix durable

Une tournée sous haute tension. Le Ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, entame ce vendredi 25 avril une mission diplomatique en Ouganda, au Burundi et en République démocratique du Congo. Objectif affiché : peser, autant que faire se peut, dans la recherche de solutions à la crise qui ensanglante la partie est de la RDC. Un théâtre d’horreurs où les civils, en première ligne, tombent chaque jour sous les balles d’un conflit dont les racines plongent dans les entrailles d’un passé régional chaotique, et les ramifications dans les calculs géopolitiques les plus contemporains.

« Trois parties prenantes importantes pour trouver des solutions durables », a sobrement déclaré le Ministre belge devant la commission des Relations extérieures de la Chambre. Sobriété de langage, prudence diplomatique. Mais le décor, lui, est tout sauf feutré : le Kivu brûle, le M23, soutenu par le Rwanda, occupe, massacre, déplace. Kigali nie, Bruxelles accuse. Et dans ce jeu d’équilibristes, la Belgique tente de maintenir une ligne : soutenir les processus de médiation, encourager le dialogue local, écouter la société civile, sans jouer au donneur de leçons.

Maxime Prévot l’a dit : il veut rencontrer les « hautes autorités politiques », mais aussi « les acteurs humanitaires, associatifs, économiques » ; être « à l’écoute du terrain » ; rappeler que « le leadership doit rester régional ». À Kinshasa, Bujumbura ou Kampala, il lui faudra jongler entre fermeté et diplomatie, engagement et retenue. Car si la Belgique veut encore exister dans la région, ce n’est plus comme puissance tutélaire – le temps colonial est révolu –, mais comme partenaire lucide, solidaire et surtout crédible.

Pas de visite à Kigali, donc. Les relations sont gelées depuis que le Rwanda a claqué la porte diplomatique en février, irrité par la position belge qui dénonce le pillage des ressources congolaises et le soutien du régime rwandais au mouvement terroriste M23. La Belgique, sans flancher, a réagi par réciprocité. Et Prévot, s’il cite l’Afrique du Sud, le Kenya ou l’Angola comme futurs relais diplomatiques, ne cache pas que « les efforts doivent aussi venir de la RDC même ».

Sur le terrain, la situation est dramatique. Des villes comme Goma ou Bukavu sont tombées aux mains des rebelles. Les femmes, les enfants, les déplacés, les ONG : tous témoignent de l’urgence.

 

LUKEKA KALUME

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