RDC | Arrestation de Chançard Bolukola, le coordonnateur du FRIVAO contesté mais soutenu par des victimes

L’arrestation de Chançard Bolukola, coordonnateur intérimaire du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), continue de susciter des réactions contrastées à Kinshasa.

Le 25 juillet 2025, il a été interpellé alors qu’il s’entretenait avec le ministre intérimaire de la Justice, Samuel Mbemba, qui aurait tenté de le pousser à démissionner. Son refus aurait conduit à son transfert d’abord à la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), puis au cachot du parquet de la Gombe.

Les autorités l’accusent de malversations dans la gestion du FRIVAO, en particulier de facilitation présumée de détournements des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC. Ces soupçons interviennent dans un climat marqué par les controverses autour de ce Fonds, déjà fragilisé par un précédent scandale impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba.

Mais l’affaire a pris une dimension politique et sociale. À Kisangani, sa ville natale, plusieurs victimes de conflits armés sont descendues dans la rue pour réclamer sa libération et sa confirmation à la tête du Fonds. Ces manifestants soulignent qu’avec Bolukola, chaque victime aurait reçu 2 000 dollars, contre seulement 200 sous le précédent comité. Ils y voient une gestion plus favorable et transparente.

Le 29 juillet, Samuel Mbemba a réhabilité l’ancienne équipe du FRIVAO, mettant officiellement fin à l’intérim de Bolukola. Une décision qui divise : si certains groupes y voient un retour à l’ordre, d’autres estiment qu’elle prive le Fonds d’une direction plus efficace et compromet la confiance dans le processus d’indemnisation.

DAN BANZE

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