RDC : « Kabila prépare une insurrection, les signes qui ne trompent pas »

La déclaration du Président congolais est tombée comme un coup de tonnerre. D’après le Président Félix Tshisekedi, le mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo dirigé par Corneille Nangaa appartient à l’ancien Président Joseph Kabila Kabange. Dans une interview accordée mardi 6 août aux journalistes Christian Lusakueno et Baudouin Amba Wetshi, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a souligné que Joseph Kabila et l’AFC préparent une insurrection.
« Joseph Kabila prépare une insurrection. L’AFC, c’est lui. Il a boycotté les élections et prépare une insurrection », a déclaré Félix Tshisekedi sur Top Congo et Congo Indépendant à partir de Bruxelles.
Par ces mots, l’on conclurait que le glas a sonné entre Tshisekedi et Kabila. Les deux hommes ne regardent plus dans la même direction, près de six ans après la passation civilisée du pouvoir entre le sortant et le nouvel entrant qui a rempilé en décembre 2023.
Préparation d’une insurrection par le Raïs Joseph Kabila, les signes qui ne trompent pas

Tout au début, Kabila et sa famille politique étaient des partenaires privilégiés du successeur Tshisekedi. Après moult tentatives de blocage de la machine nouvellement mise en place, Félix Tshisekedi activa ce qu’il a appelé lui-même « Déboulonnage du système Kabila ». Par là même, ainsi avait déjà sonné le glas de la collaboration entre Kabila et Tshisekedi. Depuis lors, la famille politique de Kabila s’est démarquée par des actions teintées de condamnation du régime Tshisekedi, de victimisation, et d’attaques acerbes.
Comme si cela ne suffisait pas, Olive Lembe Kabila, ex-première dame, a plusieurs fois prouvé dans ses sorties médiatiques qu’un gros retour au pouvoir se prépare pour son tendre mari Joseph Kabila. Alors que l’ancien président est sur une voie de non-retour aux affaires, malgré que la constitution elle-même soit verrouillée à ce sujet.
L’ex-première dame Olive Lembe aurait même rassuré les Congolais du retour imminent de son époux Kabila, prétextant qu’il est le seul à détenir la solution aux problèmes des Congolais alors qu’il en est, en grosse partie, l’instigateur. Qui plus est, un ancien dirigeant jouant au sapeur-pompier et pyromane.
En outre, l’autre signe qui ne trompe pas est cette récupération politique d’un incident isolé, pour lequel l’ancienne première dame a dénaturé les faits, en parlant d’une tentative d’atteinte physique à sa personne alors que les présumés auteurs n’avaient rien de tel. Le procès sur la prétendue attaque du complexe immobilier GLM où se trouve la résidence privée de l’ancien président. À ce sujet, de l’avis des proches du régime Tshisekedi, la manœuvre serait de monter une insurrection en plein Kinshasa afin de fragiliser le régime Tshisekedi.
« Même si le stratagème est d’avance voué à l’échec, toute menace, d’où qu’elle vienne, est toujours à prendre très au sérieux », nous a indiqué un cadre de l’Union sacrée.

Dans un autre cas de figure, l’un des cadres du PPRD et proche de l’ancien Président Kabila, Moussa Mondo, s’est vu vite désavoué et rejeté par son parti, une fois qu’il avait été accusé de meurtre de son épouse. Et pourtant, quand Tshisola, Henri Magie et les autres ont rejoint le mouvement insurrectionnel AFC, les cadres du PPRD ont parlé d’un choix personnel de ces derniers, comparant cette adhésion à la rébellion à celle des anciens membres et cadres du même parti vers la coalition au pouvoir, à l’instar de Christophe Lutundula, Lambert Mende et compagnie.
De toutes ces actions parmi tant d’autres, tout porte à croire que cette famille politique qui n’a jamais hésité à parler du retour obligatoire de Joseph Kabila au pouvoir, met en place des voies et moyens anticonstitutionnels pour arriver à ses fins. Sans remuer ciel et terre, l’opinion nationale et internationale ne peut que gober la déclaration de Félix Tshisekedi sur la préparation d’une insurrection qui, partie du Nord-Kivu, pourrait être transplantée ici à Kinshasa. Un schéma qu’aucun Congolais ne rêve jamais, du moment où les installations démocratiques issues des élections sont bel et bien établies.
Qui d’entre Kabila et Tshisekedi a raison ou dit la vérité ? Seul l’avenir nous en dira long. Car, tôt ou tard, les masques finiront par tomber.
Basile MUYA