
Le comité de pilotage du nouveau Cadre de coopération pour le développement durable s’est réuni ce lundi à Kinshasa. L’objectif est de synchroniser les interventions onusiennes avec les priorités nationales, alors que le programme 2026 accuse un déficit de financement de 747 millions de dollars.
La mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) en République démocratique du Congo (RDC) entre dans une phase opérationnelle cruciale. Réunis en comité de pilotage, le gouvernement congolais et le Système des Nations unies (SNU) ont acté les mécanismes de suivi du plan-cadre 2025-2029. Cette instance, co-présidée par le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, et le coordonnateur résident du SNU, Bruno Lemarquis, vise à harmoniser l’action des 28 agences onusiennes présentes dans le pays avec la vision stratégique de l’État.
Pour l’année en cours, le SNU a identifié 82 interventions prioritaires, chiffrées à 1,2 milliard de dollars. Si la mobilisation des ressources est en marche, le compte n’y est pas encore : à ce jour, 47 % du budget a été sécurisé, laissant un gap financier de 747 millions de dollars. Ce déficit souligne l’urgence, pour les autorités congolaises, de renforcer le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers afin de garantir la viabilité des projets prévus dans les 145 territoires.
Bilan 2025 : des indicateurs sous surveillance
Le SNU a dressé un bilan de l’année 2025, mettant en avant trois axes de résultats :
* Législatif : L’adoption de plus de 30 lois sectorielles, présentées comme un socle pour la réforme de la gouvernance.
* Économique et social : La création de 31 414 emplois et l’octroi d’accès au financement pour 110 000 bénéficiaires.
* Protection humaine :La prise en charge de 201 000 victimes de violences basées sur le genre (VBG).
Quatre piliers stratégiques
Le plan-cadre 2025-2029 repose sur une architecture articulée autour de quatre piliers :
1. Croissance économique : Promotion d’un modèle inclusif et durable.
2. Gouvernance et État de droit : Renforcement de la protection des populations.
3. Services sociaux : Amélioration de l’accès aux services de base et à la protection sociale.
4. Environnement : Gestion durable des ressources naturelles et lutte contre le changement climatique.
Le coordonnateur résident, Bruno Lemarquis, a insisté sur la nécessité d’attaquer les « causes profondes et structurelles » des crises congolaises, tout en rappelant que l’efficacité de l’aide dépendra, in fine, du leadership national. Cette déclaration fait écho aux préoccupations du ministre Guylain Nyembo, qui appelle à une meilleure coordination des interventions pour éviter la dispersion des ressources, un mal récurrent dans la gestion de l’aide au développement en RDC.
Willy Ulengu Samuanda