
Dans une capitale rongée par l’insécurité urbaine, un ancien ministre disparaît sans laisser de trace. La peur s’installe, l’État se tait.
Kinshasa, mercredi 21 mai, nuit noire. Des hommes armés non identifiés surgissent au domicile de Martin Kabwelulu, ancien ministre des Mines de la République démocratique du Congo, figure politique de premier plan, 77 ans. Ils le font monter de force dans un véhicule et disparaissent dans l’ombre, sans laisser la moindre trace.
Depuis, plus rien. Pas de nouvelles. Pas de revendication. Le téléphone de son épouse, selon un proche, reste désespérément muet. À Kinshasa, la rumeur enfle, l’angoisse gagne. Et les autorités, elles, se murent dans un silence lourd de sens.
Kabwelulu n’est pas un inconnu. Ancien président du caucus des parlementaires katangais, il a marqué plusieurs années de vie politique congolaise. Son enlèvement met en lumière un mal plus profond : l’érosion continue du sentiment de sécurité, même pour les personnalités publiques, au cœur du pouvoir congolais.
« Comment un homme de son rang peut-il disparaître de cette manière, sans que personne ne réagisse ? », s’indigne un membre de sa famille, abasourdi par l’inaction officielle.
Dans les rues de Kinshasa, ce nouvel épisode n’étonne plus grand monde. Car si les enlèvements ciblés de hauts profils sont encore rares, ils s’ajoutent à une litanie d’agressions, d’arrestations arbitraires et de disparitions qui minent la confiance dans l’appareil sécuritaire.
DAN BANZE