RDC | Le gouvernement soumet 491,3 millions de dollars de financements de l’IDA pour soutenir les femmes, l’éducation et la santé

Le gouvernement congolais veut mobiliser davantage de ressources auprès de l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale destiné aux pays à faible revenu. Au Conseil des ministres, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présenté plusieurs accords portant sur un total annoncé de 491,3 millions de dollars, destinés notamment à l’entrepreneuriat féminin, à l’éducation, à la nutrition et à la santé. « L’objectif affiché est de financer des secteurs directement liés au développement humain et à l’activité économique. »

Le paquet présenté comprend trois accords de financement sous forme de prêts. Le premier, d’un montant annoncé de 200 millions de dollars, concerne TRANSFORME, un programme consacré à l’autonomisation économique des femmes et à l’accompagnement des micro, petites et moyennes entreprises. Le deuxième porte également sur 200 millions de dollars pour le projet PERS, orienté vers l’équité et le renforcement du système éducatif. Un troisième financement de 75 millions de dollars doit compléter le Projet multisectoriel de nutrition et de santé, le PMNS.

Ces annonces s’inscrivent dans la continuité d’un partenariat déjà important entre Kinshasa et la Banque mondiale. Le projet TRANSFORME avait été approuvé en 2022 avec une enveloppe initiale de 300 millions de dollars, destinée à soutenir les entreprises dirigées par des femmes, améliorer leur accès au financement et favoriser la création d’emplois. La Banque mondiale indique qu’il vise notamment jusqu’à 25 000 femmes entrepreneures et 5 000 MPME établies.

Le programme a depuis produit plusieurs résultats. Selon la Banque mondiale, plus de 23 500 femmes avaient déjà achevé des formations entrepreneuriales dans cinq villes dans le cadre de TRANSFORME. Le projet cherche également à améliorer la formalisation des entreprises et leur accès aux services financiers.

« Le financement doit désormais se traduire par des entreprises plus solides, des revenus et des emplois. »

Le volet éducatif constitue l’autre axe important du nouveau paquet financier. Les 200 millions de dollars annoncés pour le PERS doivent contribuer à renforcer l’équité et le fonctionnement du système éducatif. Dans un pays où l’accès à une éducation de qualité reste un défi majeur, l’enjeu sera moins de mobiliser les fonds que de garantir leur utilisation effective dans les écoles et au bénéfice des élèves.

Le financement supplémentaire de 75 millions de dollars destiné au PMNS intervient, lui, dans un secteur où les besoins restent considérables. La nutrition et la santé figurent depuis plusieurs années parmi les domaines soutenus par les financements de l’IDA en RDC. Des documents publics congolais attestent déjà de plusieurs accords de financement liés au PMNS.

« Investir dans la santé et la nutrition, c’est aussi investir dans le capital humain du pays. »

À ces prêts s’ajoutent, selon la présentation faite au Conseil, deux enveloppes de dons de 6,3 millions et 10 millions de dollars, liées à un accord conclu le 19 juin 2026. Si les montants annoncés sont retenus dans leur totalité, l’ensemble porterait les financements concernés à 491,3 millions de dollars, dont 475 millions sous forme de prêts et 16,3 millions sous forme de dons.

Une précision s’impose toutefois : un accord de financement adopté par le Conseil des ministres ne signifie pas que la totalité de l’argent est déjà versée dans les caisses de l’État. Les financements internationaux suivent généralement des étapes d’approbation, de signature, d’entrée en vigueur et de décaissement. Cette nuance est essentielle pour éviter de présenter une mobilisation financière comme une recette immédiatement disponible.

Pour le gouvernement, la priorité sera donc désormais l’exécution. Les précédents programmes montrent que la mobilisation des ressources ne garantit pas automatiquement leur impact sur le terrain. TRANSFORME, par exemple, a déjà permis de formaliser plusieurs milliers de MPME grâce à des opérations mobiles d’accompagnement, mais la Banque mondiale souligne encore la nécessité de faciliter durablement l’accès aux services et au financement.

Le Conseil des ministres avait déjà placé l’entrepreneuriat féminin et les finances publiques parmi les dossiers examinés au cours de ses précédentes réunions. En mai 2026, il avait notamment inscrit à son ordre du jour plusieurs textes liés aux finances publiques et à l’entrepreneuriat des femmes. Le financement présenté aujourd’hui apparaît ainsi comme une nouvelle étape d’une politique visant à mobiliser des ressources extérieures pour soutenir les priorités économiques et sociales du gouvernement.

La prochaine bataille sera celle de la transparence et des résultats. Pour les femmes entrepreneures, les élèves, les enseignants, les familles et les bénéficiaires des programmes de santé, ces centaines de millions de dollars ne prendront véritablement leur sens que lorsqu’ils se transformeront en entreprises accompagnées, écoles mieux équipées, services de santé renforcés et emplois créés.

« La réussite d’un financement public se mesure moins à son montant qu’à son impact réel sur la population. »

 

LINA

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