RDC–Rwanda | Les États-Unis exigent le respect des accords et accentuent la pression sur le M23

Les États-Unis entendent s’appuyer sur les engagements déjà signés entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda pour accentuer la pression diplomatique sur les deux pays.

Lors de sa conférence de presse de fin d’année, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a défendu une approche pragmatique, inscrite dans la doctrine diplomatique « America First », estimant que l’existence d’accords formels, bien que violés, constitue un point d’appui politique essentiel.

« Dans le cas de la RDC et du Rwanda, nous avons des engagements signés des deux côtés. Ils ne sont pas respectés, mais au moins ils existent. Nous pouvons demander des comptes et pousser au respect de ce qui a déjà été accepté », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, soulignant la volonté de Washington de transformer ces textes en instruments de redevabilité.

Selon Marco Rubio, cette ligne diplomatique bénéficie d’un soutien transversal à Washington. Des élus républicains et démocrates du Congrès ont été sollicités afin d’ouvrir leurs propres canaux de discussion avec les dirigeants concernés, traduisant un intérêt bipartisan pour un dossier devenu central dans l’agenda sécuritaire africain des États-Unis.

Cette position s’inscrit dans la continuité des déclarations américaines au Conseil de sécurité de l’ONU, lors du renouvellement du mandat de la Monusco, le 19 décembre. À cette occasion, la représentante américaine pour les affaires politiques, Jennifer Locetta, avait jugé insuffisant l’engagement du M23 à se retirer de la ville d’Uvira, dans l’est de la RDC.

« Le M23 doit immédiatement se retirer à au moins 75 kilomètres d’Uvira et se conformer à l’ensemble de ses obligations prévues par l’accord-cadre », avait-elle affirmé, dénonçant à la fois l’avancée du groupe armé dans la zone et le soutien du Rwanda, qualifié de contraire aux accords de Washington.

Les États-Unis réaffirment ainsi leur attachement aux accords de Washington et au processus de Doha, qu’ils considèrent comme les principaux cadres politiques de désescalade. Washington estime par ailleurs que la Monusco, dans le cadre de son mandat renouvelé, pourrait jouer un rôle d’appui dans la mise en œuvre effective de ces engagements.

LUKEKA KALUME 

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