RDC | Le procès Joseph Kabila renvoyé au 7 août

La Haute Cour militaire a décidé de renvoyer au 7 août la deuxième audience du procès ouvert contre l’ancien président Joseph Kabila, poursuivi par contumace. L’audience, qui s’est tenue une fois encore à huis clos, visait à examiner les premiers éléments de preuve présentés par la partie accusatrice.

Au cœur de ce dossier sensible : les responsabilités présumées de l’ancien chef de l’État dans la création de l’Alliance du fleuve Congo/M23, soutenue par le Rwanda, et son rôle supposé dans une série de crimes commis à Goma et dans le Sud-Kivu. La mort de 31 civils, des cas de violences sexuelles et de tortures, mais aussi des accusations de déportation, d’apologie du terrorisme et de complot, figurent parmi les chefs d’inculpation.

Durant l’audience, les juges ont examiné une interview filmée de Joseph Kabila en Afrique du Sud, traduite et retransmise par la chaîne publique Kinshasa Télévision. Le témoignage de Kikaya Bin Karubi, ancien conseiller diplomatique du président, a également été versé au dossier, tout comme les déclarations de l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, Muhindo Nzangi, qui affirme que l’ex-président aurait personnellement financé le M23 et joué un rôle dans les assassinats des colonels Mamadou Ndala et Lucien Bahuma.

La défense, absente à ce stade de la procédure en raison du jugement par défaut, n’a pas encore pu faire valoir ses arguments. La procédure reste marquée par une forte opacité : seuls les médias d’État sont autorisés à relayer certains éléments, les autres journalistes étant exclus des audiences.

Ce procès, inédit par son envergure et par la stature de l’accusé, ouvre une séquence judiciaire et politique potentiellement explosive dans un contexte régional encore instable. À mesure que l’instruction avance, la pression s’intensifie sur les institutions judiciaires appelées à prouver leur indépendance dans une affaire aussi sensible.

DAN BANZE

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