
La RDC fait face à l’une des plus grandes crises de déplacement au monde. Et pourtant, l’attention internationale reste ténue, les financements s’amenuisent, et les besoins explosent.
En visite à Kinshasa, SungAH Lee, directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a lancé un appel aussi ferme que pressant :
« Il s’agit d’un moment crucial pour être solidaire avec le peuple congolais et l’aider à tracer un chemin vers une paix et un rétablissement durable. »
L’Est du pays, ravagé par la résurgence des groupes armés, notamment la coalition rebelle M23-AFC, est l’épicentre d’un désastre humanitaire silencieux. Plus de 100 000 Congolais ont fui les combats dans les territoires de Masisi, Walikale, et jusqu’à Bukavu, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). À l’intérieur du pays, les vagues de déplacés internes se succèdent, jusqu’à Kalemie, dans la province du Tanganyika, où plus de 40 000 personnes ont trouvé refuge dans des conditions précaires.


Face à cette spirale, l’OIM plaide pour des réponses structurelles.
« Le nombre impressionnant de déplacements en RDC exige un regain d’intérêt mondial et une action coordonnée », a martelé SungAH Lee.
Pour elle, les solutions doivent s’attaquer aux causes profondes du conflit, tout en soutenant immédiatement les communautés affectées.

Durant sa mission, la responsable onusienne a multiplié les échanges avec les autorités congolaises et les partenaires humanitaires, dans l’objectif de renforcer les partenariats institutionnels et d’engendrer une dynamique collective pour la résilience.
« J’ai été témoin de l’extraordinaire résilience des communautés congolaises », a-t-elle confié, tout en soulignant que les besoins sur le terrain restaient largement insatisfaits.
Le message de l’OIM rejoint les avertissements du HCR, qui en mars dernier s’inquiétait des coupes budgétaires ayant réduit drastiquement la capacité d’intervention des humanitaires. En Ouganda, les arrivées de réfugiés congolais ont augmenté de 500 % depuis janvier. Le Burundi n’est pas épargné.
LUKEKA KALUME