
Une semaine après l’incursion d’un groupe armé sud-soudanais dans les villages frontaliers d’Arile et d’Ulendere, le sort de quarante otages demeure incertain. Ce raid, survenu dans la nuit du 11 mai, met en lumière la vulnérabilité sécuritaire du nord de l’Ituri, une zone où les incursions étrangères se multiplient dans un silence assourdissant des autorités officielles.
Le bilan humain de l’attaque, bien que difficile à stabiliser, fait état d’au moins quarante personnes emmenées en captivité, mêlant citoyens congolais et réfugiés sud-soudanais. Si certaines sources locales avancent le chiffre de soixante-quinze disparus, la société civile de la chefferie de Kakwa confirme un noyau dur de quarante otages. Ces civils servent de main-d’œuvre forcée pour transporter le butin médicaments et bétail pillé lors d’une opération menée en l’absence totale de forces de défense et de sécurité (FARDC et PNC) dans ce secteur névralgique.
Cette incursion n’est pas un incident isolé, mais s’inscrit dans une dynamique de déstabilisation frontalière chronique. Depuis le début de l’année 2026, pas moins de vingt-huit violations du territoire congolais par des éléments armés venus du Soudan du Sud ont été répertoriées par les observateurs locaux. Le mode opératoire reste identique : des raids éclairs ciblant les ressources de subsistance des populations rurales, suivis de replis rapides de l’autre côté de la frontière.
Malgré la gravité de la situation et le plaidoyer pressant de la société civile pour un renforcement des effectifs militaires le long de la frontière, aucune communication officielle n’a été émise par le commandement de la 32e région militaire ou l’administration provinciale de l’Ituri au 18 mai. Ce mutisme institutionnel alimente un sentiment d’abandon au sein d’une population déjà éprouvée par l’activisme des groupes armés locaux.
Freddy Millions Mbwebwe