
L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) a salué la publication du calendrier électoral urbain et municipal par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), tout en formulant plusieurs réserves sur sa mise en œuvre.
Ce calendrier, rendu public le 22 juillet 2025, prévoit l’organisation, dans les prochains mois, des scrutins visant à installer les Maires, Bourgmestres, leurs adjoints, ainsi que les Conseillers urbains.
Dans un communiqué publié le 24 juillet à Kinshasa, l’organisation rappelle que cette annonce constitue l’aboutissement d’un long plaidoyer en faveur de la démocratie locale, pilier de la décentralisation en République démocratique du Congo.
Mais pour l’AJDDH, plusieurs zones d’ombre subsistent. D’abord, l’absence de mécanismes clairs de concertation et d’observation indépendante.
« Aucune démocratie locale ne peut être crédible sans la participation pleine et entière de toutes les parties prenantes », souligne l’ONG, qui s’inquiète également du rythme jugé “ambitieux” du calendrier.
Autre point de vigilance : les juridictions électorales. L’AJDDH appelle à garantir l’impartialité des Tribunaux de grande instance chargés de trancher les contentieux, afin de prévenir toute suspicion de manipulation.

L’organisation recommande à la CENI de corriger certaines imprécisions contenues dans le chronogramme, notamment la désignation des Maires et Maires adjoints, qui, selon la loi, doivent être élus par les Conseils urbains et non par les Conseillers communaux. Elle appelle également à renforcer la communication auprès des populations, notamment dans les milieux ruraux, et à intégrer les observateurs indépendants tout au long du processus.
Enfin, l’AJDDH invite les citoyens, en particulier les jeunes et les femmes, à s’approprier ce processus électoral « comme une opportunité de transformation démocratique au service des communautés locales ».
ANGE ALOKI