
Quatre mille sept cents vingt anciens agents de la SOMINKI attendent depuis vingt-trois ans la liquidation de leurs droits sociaux. Cette attente interminable, marquée par des promesses non tenues et un silence assourdissant, est dénoncée dans un mémorandum récemment adressé à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka par l’ONG Maniema Libertés.
L’organisation accuse l’État congolais et le groupe minier Banro de ne pas avoir respecté les engagements pris lors d’un accord signé le 18 avril 2002. En contrepartie de concessions aurifères, Banro devait contribuer à la liquidation de la société publique, mais deux décennies plus tard, les anciens travailleurs n’ont toujours pas reçu ce qui leur est dû.
Précarité et tensions violentes
La situation des anciens agents est décrite comme dramatique par les organisations de la société civile. Beaucoup, aujourd’hui âgés, vivent dans une précarité extrême, tandis que d’autres sont décédés, laissant des familles en souffrance. La question se pose avec ironie : comment expliquer une attente de plus d’une génération pour l’application d’un accord pourtant signé ?
Le mémorandum évoque également des tensions violentes autour des zones minières, notamment à Namoya Mining, où des affrontements liés aux creuseurs artisanaux auraient causé des pertes humaines. Ces événements soulèvent des questions sur la gestion des conflits miniers et la protection des populations locales.
Maniema Libertés demande une enquête indépendante pour établir les responsabilités et évaluer les préjudices subis depuis plus de vingt-trois ans. L’ONG plaide également pour un mécanisme de suivi afin d’assurer la paix communautaire dans les zones touchées.
Cette affaire soulève un débat plus large sur la protection sociale des travailleurs dans le secteur extractif et l’engagement de l’État à défendre les droits de ses citoyens. Malgré la richesse des ressources naturelles de la RDC, pour de nombreux anciens travailleurs, cette richesse ne s’est jamais traduite par une sécurité au quotidien.
Divine Atante