Sortie du Gouvernement Suminwa II cette semaine ? Des ministres le confirment

À l’issue du Conseil des ministres du vendredi 25 juillet, le président Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé la formation imminente d’un nouveau gouvernement. Ce futur exécutif se veut « resserré » et d’« ouverture », selon les termes du chef de l’État, qui n’a toutefois pas précisé le calendrier de ce remaniement.

La réunion, qualifiée à Jeunes Afrique par deux ministres présents comme la dernière de l’équipe actuelle, est un tournant dans l’agenda politique du second mandat présidentiel.

Cinq mois après avoir promis un renouvellement de l’exécutif sous le chapiteau de la Cité de l’Union africaine, Tshisekedi concrétise l’un des engagements phares de sa réélection : mettre en place une équipe plus réduite, plus efficace, et plus inclusive. Le président a adressé ses encouragements aux ministres susceptibles d’être reconduits, tout en remerciant ceux appelés à quitter leurs fonctions.

Selon plusieurs sources proches de la présidence, Judith Suminwa Tuluka, première femme à la tête du gouvernement congolais depuis avril 2024, devrait rester à la Primature. Son équipe sera néanmoins remaniée en profondeur, avec une réduction probable du nombre de portefeuilles ministériels à moins de 45, contre plus de 50 aujourd’hui. Une volonté affirmée de rationalisation budgétaire et d’amélioration de la performance administrative.

Le prochain gouvernement devrait également refléter une ouverture politique plus large. Confronté à des critiques sur le manque d’inclusivité de l’Union sacrée, le président congolais cherche à intégrer des forces sociopolitiques extérieures à sa majorité. L’annonce récente d’un rapprochement avec Martin Fayulu, figure de l’opposition, dans le cadre d’un « camp de la patrie » face à l’agression rwandaise dans l’Est du pays, témoigne de cette dynamique. L’ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2018 est désormais considéré comme un possible entrant dans la future équipe gouvernementale.

Cette recomposition s’inscrit dans un contexte national marqué par de fortes tensions sécuritaires dans l’Est – où la coalition M23/AFC soutenue par Kigali occupe plusieurs localités du Nord et du Sud-Kivu – et par une pression croissante pour une gouvernance plus inclusive. Dès mars 2025, le conseiller spécial en matière de sécurité, Désiré Cashmir Eberande Kolongele, avait lancé des consultations auprès d’acteurs politiques et sociaux en vue d’un gouvernement élargi. Si une partie de l’opposition avait dénoncé une démarche unilatérale, plusieurs personnalités issues de la société civile ou de courants technocratiques se disent prêtes à participer à un exécutif renouvelé.

Parallèlement, les appels à un dialogue national inclusif se multiplient. Porté notamment par la CENCO et l’Église du Christ au Congo, le projet de « Pacte social pour la paix » entend poser les bases d’une concertation nationale autour des grands défis du pays : crise sécuritaire, cohésion nationale, réformes institutionnelles. L’entourage présidentiel affirme suivre de près les travaux en cours, en vue d’un rapport final susceptible d’influencer les choix à venir.

Dans ce contexte, la formation du gouvernement Suminwa II pourrait marquer une double inflexion : resserrer les rangs autour d’une gestion plus efficiente, tout en élargissant la base politique du régime. Une tentative de répondre à l’urgence sécuritaire et aux attentes d’une gouvernance plus responsable à mi-mandat.

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