Kasaï Central–Soutien aux FARDC | Nathalie Kambala présente au Gouverneur Kambulu près de 23 000 USD collectés en deux mois

Ils sont venus les bras chargés, mais le cœur encore plus. Ce 18 avril 2025, dans la moiteur de Kananga, les membres de la commission ad-hoc ont remis leur copie. Un rapport chiffré, sec et sincère, sur l’élan de solidarité populaire lancé il y a deux mois en faveur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Objectif : soutenir, par les poches autant que par les convictions, les soldats déployés au front dans l’Est meurtri du pays.

Le décor, lui, est presque austère : des chèques étalés sur la table, des chiffres notés avec précision, et des visages marqués d’un mélange de fierté et d’épuisement. À la manœuvre, Nathalie Kambala Luse, voix claire et ton ferme :

« Nous avons reçu, au 15 avril, 23.414.314 francs congolais (plus de 8000 $) et 14.716,46 $. Nous n’avons rien retiré, rien touché. »

Dans une province rongée par la méfiance, elle a préféré l’acte au commentaire.

« On ne s’est pas battus contre les rumeurs, ni contre ceux qui criaient sur les réseaux sans déposer un franc. Notre promesse, c’était de rendre compte au gouverneur à la date prévue. Voilà, c’est fait. »

Joseph-Moïse Kambulu Nkonko, l’homme fort du Kasaï Central, n’a pas manqué d’y voir un symbole fort : celui d’un peuple qui, malgré les divisions, les crises et la lassitude, répond encore à l’appel du drapeau.

« Ne vous découragez pas, a-t-il lancé aux membres de la commission. Il y en a toujours pour dénigrer au lieu de féliciter. Mais vous avez bien travaillé, continuez. »

Le gouverneur l’assure : cette première vague de contributions sera portée, dès la semaine prochaine, au ministre de la Défense à Kinshasa. Geste modeste ? Peut-être. Mais au Kasaï Central, il résonne comme un cri de loyauté à une République qui vacille souvent, mais ne rompt pas.

Le Fonds de solidarité pour les FARDC, initiative à l’origine citoyenne, pourrait bien devenir, à l’image de cette campagne, une preuve supplémentaire que dans un pays miné par l’instabilité, la dignité ne se monnaie pas. Elle se partage.

ANDRÉ KATENDE 

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