
Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a appelé mercredi la communauté internationale à imposer des sanctions contre le Rwanda, qu’il accuse de soutenir l’avancée du mouvement armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Il demande en priorité « l’arrêt de tout financement et de toute livraison d’armes » à destination de Kigali, estimant que cela permettrait de freiner l’offensive.
S’exprimant moins d’une semaine après la signature à Washington d’un accord de paix supervisé par Donald Trump, le chef de la diplomatie burundaise a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « gifle » et de « doigt d’honneur » adressés aux États-Unis.
« Signer un accord et ne pas l’appliquer, c’est une humiliation pour tout le monde et en premier lieu pour le président Trump », a-t-il déclaré.


Selon Bizimana, Paul Kagame n’aurait participé à la cérémonie de signature « que pour la forme », tandis que, sur le terrain, les offensives du M23 se poursuivaient déjà contre les positions burundaises, congolaises et contre des populations civiles.
« Le M23 sans le Rwanda ne peut rien, donc c’est le Rwanda », a-t-il insisté, réaffirmant la responsabilité de Kigali dans l’instabilité régionale.

Le ministre assure que le Burundi « se tient prêt à défendre ses frontières » face à ce qu’il considère comme une menace directe. Dans le même temps, l’avancée du M23 a déclenché de nouveaux déplacements massifs : près de 40 000 Congolais et plus de 5 500 Burundais vivant en RDC se sont réfugiés au Burundi en quatre jours, selon les autorités de Bujumbura.
LUKEKA KALUME