
La frontière séparant la ville congolaise de Goma et la cité rwandaise de Gisenyi est restée fermée au trafic ce dimanche 17 mai, paralysant les échanges transfrontaliers habituels. Si aucune note officielle n’a encore été émise par les autorités de Kigali ou les groupes armés actifs dans la zone, les témoignages recueillis sur place confirment un blocage total des flux migratoires et commerciaux.
Selon des sources concordantes, dont un témoignage recueilli auprès d’un agent technique opérant à la « Grande Barrière », la décision émanerait des autorités rwandaises. « Le Rwanda n’autorise plus aucune entrée sur son territoire depuis ce matin. Les mouvements dans les deux sens sont actuellement interrompus », a précisé notre source. Ce verrouillage, bien que non officialisé par un communiqué diplomatique, marque un coup d’arrêt brutal pour l’une des artères économiques les plus dynamiques de la région des Grands Lacs.
Cette interruption survient dans un climat régional particulièrement volatil. Si certains observateurs lient cette mesure à une stratégie de prévention sanitaire en référence aux alertes récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant la propagation de fièvres hémorragiques dans la sous-région , l’absence de communication formelle alimente les spéculations.
Il convient toutefois de rappeler que la gestion des flux transfrontaliers dans cette zone est intrinsèquement liée aux dynamiques sécuritaires complexes qui prévalent dans le Nord-Kivu. La fermeture, qu’elle soit motivée par des impératifs de santé publique ou par des considérations sécuritaires, souligne la fragilité de la libre circulation dans cet espace géographique.
Willy Ulengu Samuanda