Uvira | La situation dans la ville !

Moins de vingt-quatre heures après la prise d’Uvira par l’AFC-M23, la ville offre, ce jeudi 11 décembre, l’image d’un centre urbain figé. Les habitants restés sur place se sont retranchés dans leurs maisons tandis que des tirs sporadiques ont été entendus dans plusieurs quartiers des communes de Kasenga, Kalundu, Kimanga et Kavimvira.

La circulation est totalement à l’arrêt. Rues désertes, commerces clos, aucun véhicule, moto ou vélo en mouvement : Uvira attend de mesurer le niveau réel de sécurité avant de reprendre une activité minimale. Seules quelques détonations rappellent la présence des groupes armés dans différents secteurs.

Sur le plan régional, la situation s’est rapidement tendue. La frontière de Kavimvira, principal point de passage vers le Burundi, est désormais fermée. Contrairement à la veille, aucun flux de population n’a été observé jeudi matin.

À Gatumba, la partie burundaise a renforcé son dispositif sécuritaire : chars déployés, patrouilles multipliées et accès strictement contrôlés.

Depuis mercredi, Bujumbura absorbe un afflux important de Congolais ayant traversé avant la fermeture de la frontière. Selon un témoin qui a réussi à gagner le territoire burundais, la capitale est « débordée » par le nombre d’arrivants. Les familles disposant de moyens et de documents en règle louent des logements, tandis que les plus vulnérables sont orientées vers des camps de réfugiés à l’intérieur du pays.

Alors que l’AFC-M23 consolide ses positions à Uvira, le calme apparent dans la ville reste trompeur. Les habitants, confinés chez eux, oscillent entre prudence et inquiétude, tandis que la région tente de gérer une nouvelle phase d’instabilité dans la plaine de la Ruzizi.

LUKEKA KALUME 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.