
Sous le ciel capricieux de Washington, la RDC soigne ses équilibres. En marge des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, enchaîne les marathons budgétaires au nom du pays. Deux temps forts ce jeudi 24 avril : une réunion technique avec le Chef de mission du FMI, Callixte Ahokposi, suivie d’une séquence plus politique avec le Directeur Afrique de l’institution.
Au cœur des discussions : la première revue du Programme économique et financier (FEC), qui débarque à Kinshasa du 30 avril au 13 mai. Les chiffres, les projections, la rigueur — tout est passé au crible. L’équipe congolaise, renforcée par le ministre d’État au Budget, Aimé Boji Sangara, et la gouverneure de la Banque centrale, Malangu Kabedi Mbuyi, veut rassurer : oui, les critères quantitatifs seront tenus, oui, les réformes structurelles avancent, et non, l’agression dans l’Est ne fera pas tout dérailler.


Le FMI, prudent mais réceptif, salue les efforts et la stabilité macroéconomique, tout en rappelant les exigences : transparence, cohérence, et résultats. Le ton est sérieux, mais l’atmosphère reste constructive. Une enveloppe de trois milliards de dollars est en jeu, dans le cadre des programmes FEC et FRD — un pactole pour les routes rurales, les écoles, la santé, et l’énergie. L’ambition ? Articuler rigueur budgétaire et transformation sociale.
“Je reste optimiste”, lâche l’argentier national, devant ses interlocuteurs.

Derrière lui, l’ombre tutélaire du Président de la République Félix Tshisekedi plane sur chaque paragraphe du mémorandum. L’homme d’État veille, la technocratie s’active.
LUKEKA KALUME