Procès Kabila | L’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice après le réquisitoire

L’opposition a vivement réagi à la réquisition de la peine de mort contre Joseph Kabila. Vendredi 22 août, le ministère public a demandé la condamnation à mort de l’ancien président, jugé par contumace devant la haute cour militaire pour trahison, complot et participation à un mouvement insurrectionnel. Une procédure que les adversaires politiques du pouvoir qualifient de « mascarade » et de « règlement de comptes ».

Le parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, exilé après sa condamnation à dix ans de travaux forcés, parle d’un « procès comédie » et estime qu’il s’agit d’une première étape dans une offensive visant Joseph Kabila, sa famille et ses alliés.

Le cadre de concertation des forces politiques et sociales, regroupant plusieurs plateformes de l’opposition, dénonce de son côté « l’instrumentalisation éhontée de la justice » et alerte sur les conséquences pour la cohésion nationale. Selon lui, le réquisitoire du ministère public consacre « une présomption de culpabilité » de l’ancien chef de l’État, contraire aux principes de l’État de droit.

Au sein de la coalition Lamuka, Prince Epenge, proche de Martin Fayulu, accuse les avocats de la République d’avoir transformé le procès en « cirque » et de céder au sensationnalisme, au détriment du sérieux judiciaire. Sur les réseaux sociaux, Néhémie Mwilanya, dernier directeur de cabinet de Joseph Kabila, a dénoncé un « crime d’État », tandis que José Makila, ancien ministre des Transports, y voit une atteinte à l’État de droit.

Unies dans leur critique, les forces d’opposition demandent à la haute cour militaire de rejeter le réquisitoire, qu’elles jugent « incendiaire », et réitèrent leur appel à un dialogue inclusif sous l’égide de la CENCO et de l’ECC.

Lors de l’audience, les avocats de la République sont allés jusqu’à contester la nationalité congolaise de Joseph Kabila, le présentant comme « Rwandais » et non fils biologique de Sifa Mahanya. Ils ont plaidé qu’il soit également poursuivi pour espionnage et ont réclamé plus de 30 milliards de dollars de dommages et intérêts pour les crimes commis en lien, selon eux, avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).

À l’issue de la lecture du réquisitoire par l’auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Likulia Bakumi Lucien-René, la haute cour militaire a suspendu l’audience, en attendant une reprise dans les délais prévus par la loi.

LUKEKA KALUME 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.