
Un haut gradé de la police, a Kinshasa, a décidé de jeter l’éponge. Dans une vidéo rendue publique, le commissaire principal Mboso Kazadi Junior, en charge des services de la Légion nationale d’intervention (S2), a annoncé sa démission, dénonçant un système miné par la corruption et l’inefficacité.
« J’ai démissionné par rapport à tout ce que je découvre dans cette police. On ne veut pas donner du travail à ceux qui veulent mettre fin à la criminalité », a-t-il déclaré, assurant que sa décision n’a pas été acceptée par sa hiérarchie mais qu’il entend la rendre publique.
Selon lui, l’alliance entre certains policiers et les criminels compromet la lutte contre l’insécurité à Kinshasa et dans d’autres provinces du pays.
« Les criminels sont en puissance dans la ville province de Kinshasa suite à leur alliance avec la police. Les policiers les protègent. Lorsque vous les arrêtez et les déposez à la justice, ils disparaissent des dossiers », accuse-t-il.
Mboso Kazadi affirme détenir des vidéos et exemples précis de criminels condamnés lors d’audiences foraines mais aujourd’hui remis en liberté, parfois, dit-il, avec la complicité de l’Inspection provinciale de la police de Kinshasa (IPKIN) ou de certains commandants de district.
Tout en saluant les efforts affichés du général Alonga Boni, commandant de la police, il déplore des « opérations de bouclage non ciblées » et la présentation de « données erronées » aux autorités.
« Le Chef de l’État veut le changement, mais les choses ne changent pas », insiste-t-il.
Il évoque même un risque de « génocide » si la situation n’évolue pas.
FRANCIS MAWETE