Accord RDC–États-Unis | La mise en œuvre démarre avec l’installation du comité de pilotage conjoint

La RDC et les USA ont enclenché la mise en œuvre de l’accord stratégique signé fin 2025. La constitution du Comité de pilotage conjoint marque une étape clé d’un partenariat aussi ambitieux que controversé, au cœur des enjeux miniers, industriels et géopolitiques du pays.

La mise en œuvre de l’accord de partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo est désormais engagée. Les deux gouvernements ont constitué le Comité de pilotage conjoint (Joint Steering Committee – JSC), organe central chargé d’orienter et de superviser l’exécution des engagements contenus dans le texte signé à Washington sous l’administration Trump.

Selon le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, signataire de l’accord pour la partie congolaise, les deux États ont déjà désigné leurs représentants respectifs. Le comité, composé de dix membres — cinq par pays —, a été officiellement constitué le 22 décembre 2025. Les décisions qui y seront prises devront se faire par consensus, conformément aux dispositions de l’accord.

Cette étape répond à une clause précise du partenariat, qui impose aux parties de notifier par écrit, dans un délai de quinze jours après l’entrée en vigueur de l’accord, les noms des dirigeants appelés à siéger au sein du JSC. Côté américain, le comité réunit notamment des représentants du Département d’État, du Trésor, du Commerce, de la Société américaine de financement du développement international (DFC), ainsi que d’une agence fédérale désignée. La délégation congolaise comprend des représentants de la Présidence et des ministères des Affaires étrangères, de l’Économie, des Finances et du Plan.

« Les leviers se mettent bien en place. Les deux États ont déjà désigné leurs représentants au JSC. Le comité a été constitué le 22/12/2025, à raison de cinq représentants chacun », a déclaré Daniel Mukoko Samba sur le réseau social X, samedi 27 décembre 2025.

Dès la première semaine de janvier 2026, la RDC prévoit de transmettre à la partie américaine la liste de ses projets stratégiques ainsi que celle de ses réserves d’actifs considérés comme critiques. Ces projets, selon le gouvernement, doivent répondre à plusieurs critères : contribuer à la transformation industrielle du pays, renforcer les infrastructures et les systèmes énergétiques et technologiques, soutenir la paix et l’autorité de l’État — notamment dans les zones en conflit — et favoriser un développement inclusif au bénéfice des populations.

L’accord signé à Washington vise à encadrer et accélérer des projets jugés prioritaires pour l’industrialisation de la RDC, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et le développement d’infrastructures structurantes. Longtemps présenté dans le débat public comme un « deal minier », ce partenariat s’inscrit plus largement dans les accords de Washington, conclus dans un contexte de rivalités accrues autour des ressources stratégiques africaines.

Parmi les chantiers mis en avant figure la réhabilitation de la ligne ferroviaire RDC–Angola, dans le cadre du corridor Sakania–Lobito, considéré comme un axe clé pour l’exportation du cuivre, du cobalt et du zinc. Les deux pays entendent synchroniser leurs efforts avec l’Angola et mobiliser des financements publics et privés, notamment auprès des banques multilatérales.

Le texte accorde également une place centrale au méga-projet hydroélectrique du Grand Inga. Un comité de coordination et de gouvernance devrait être mis en place afin de faciliter le montage financier du projet et d’accroître l’implication des entreprises américaines dans le développement des différentes phases du complexe énergétique.

Enfin, l’accord prévoit un appui américain à la formalisation du secteur minier artisanal, à l’amélioration de la gouvernance minière, à la production de données géologiques et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Il inclut aussi la création d’une « Strategic Minerals Reserve » en RDC, destinée à stabiliser les prix et à garantir un accès régulier aux minerais critiques pour les industries américaines.

LUKEKA KALUME

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