« Les Banyamulenge, les Tutsis sont des Congolais » : rappeler la position du Président Félix Tshisekedi

« Je tiens à rappeler que les Banyamulenge et tous les Tutsis congolais sont des citoyens de la RDC » : c’est par ces mots, prononcés à Londres en janvier 2020, puis réitérés en février 2024 devant la presse nationale, que le Président de la République Félix Tshisekedi a posé un principe fondamental, lequel contrecarre les récents propos controversés du général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, sur la RTNC, suspendu pour ses déclarations discriminatoires sur la communauté tutsie.

Rarement la question de la citoyenneté des Banyamulenge, et largement, les Tutsi, n’a été aussi mise sur le devant de la scène dans le pays, où la partie Est reste le théâtre de tensions et de conflits persistants. Dans les heures qui ont suivi la diffusion des propos d’Ekenge sur la RTNC, toute la communauté congolaise et les observateurs politiques se sont interrogés sur le poids de tels discours, capables d’attiser la division et de fragiliser les efforts diplomatiques du gouvernement pour sécuriser l’Est du pays.

Le général Ekenge avait affirmé que les Tutsis possédaient une « intelligence maléfique » pouvant influencer la filiation dans les mariages intercommunautaires.

« Lorsque vous épousez une femme Tutsi, il faut faire attention. Parce que, pour les jeunes responsables, voulant se marier, si vous épousez une femme Tutsi, elle peut amener dans votre foyer un soi-disant oncle ou cousin qui peut venir et faire des enfants à votre place et quand l’enfant va naître, elle justifiera la physionomie de l’enfant, ressemblant aux Tutsis, comme la supériorité de la race Tutsi sur les autres. Cela s’explique notamment avec leur phénomène appelé « Ubwenge », qui signifie intelligence maléfique. »

Ces mots, diffusés à la télévision nationale, ont immédiatement été jugés inacceptables. L’État-major des FARDC a suspendu l’officier et publié un communiqué précisant que ses propos ne reflétaient ni la position officielle de l’armée, ni celle du Président de la République, encore moins celle du gouvernement.

Pour comprendre l’importance de cette réaction, il faut se replonger dans les déclarations de Félix Tshisekedi. À Londres, devant la diaspora congolaise, le président avait déclaré :

« Les Banyamulenge sont des Congolais, ils sont restés de génération en génération en RDC. Je leur ai parlé et leur ai demandé de démontrer qu’ils sont Congolais à travers les actes. »

Deux ans plus tard, il élargissait cette reconnaissance à l’ensemble des Tutsis congolais :

« Ce sont nos compatriotes. Il y a des Banyamulenge qui sont morts pour cette République et sous ce drapeau. Tant que je serai président de ce pays, aucune communauté ne sera discriminée. »

Dans l’Est de la RDC, où des groupes armés et des ingérences étrangères ont longtemps instrumentalisé les tensions communautaires, ces paroles prennent un relief particulier. Elles fonctionnent comme un rempart contre les discours discriminatoires qui peuvent servir de prétexte à l’ingérence militaire directe du Rwanda, à travers l’AFC/M23. Ceci souligne que rappeler ces positions historiques est capital pour protéger la cohésion nationale et la citoyenneté de tous les Congolais, indépendamment de leur appartenance ethnique.

La suspension du général Ekenge est ainsi moins comme une sanction individuelle que comme un acte politique. Elle envoie un message, lequel signifie que dans la République que dirige le Président Félix Tshisekedi, aucun citoyen ne peut être stigmatisé et la défense des principes de justice et d’égalité prime sur les propos isolés d’un officier, aussi haut placé soit-il.

LUKEKA KALUME 

Un commentaire sur « « Les Banyamulenge, les Tutsis sont des Congolais » : rappeler la position du Président Félix Tshisekedi »

  1. Le président Félix passera et les institutions de l’État demeureront. Nous ne pouvons point et à jamais sacrifier notre nation État, par des déclarations fallacieuses diplomatiques qui protègent l’égocentrisme du pouvoir.
    Le général Ebenge a raison et il a dit vrai. Rien ne lui est échappé de ça que notre pays subisse. Nous sommes à l’est, autochtones,nous connaissons cette stratégie. Jamais, une fille Rwandaise ne se marie sans que son propre père ne la couche et la defrole. Encore un tabou !?
    , C’est ça la vérité et rien que la réalité 🍊

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