
La décision du ministère de l’Éducation nationale de permettre aux filles enceintes de poursuivre leur scolarité continue de susciter des réactions. À Kananga, chef-lieu du Kasaï central, Merveilles Nsangi Loola, coordonnatrice de l’ONG Amour Plus, a salué une mesure qu’elle qualifie de « juste et courageuse ».
Selon elle, cette note circulaire constitue une avancée significative en faveur de l’égalité des genres.
« Elle vient corriger une injustice longtemps tolérée : celle d’exclure les filles enceintes de l’école, pendant que les garçons impliqués ne sont quasiment jamais inquiétés », a-t-elle déclaré.
La militante estime que la mesure va dans le sens des efforts menés sur le terrain par les organisations de défense des droits des filles, et pourrait même contribuer à réduire les mariages précoces.
« En maintenant une fille violée ou victime d’abus à l’école, on lui donne une chance de ne pas sombrer dans un mariage forcé », souligne-t-elle.

Mais elle appelle également à la prudence.
« Cette décision peut aussi être mal interprétée et conduire à des dérives si elle n’est pas accompagnée de dispositifs de sensibilisation et d’encadrement dans les établissements scolaires », prévient-elle.
L’ONG Amour Plus plaide ainsi pour la mise en place de mécanismes d’accompagnement concrets, afin d’éviter la banalisation des grossesses en milieu scolaire tout en assurant la protection et la poursuite des études pour les jeunes filles concernées.
Car, pour Merveilles Nsangi les enfants risquent de considérer qu’aller à l’école enceinte est une chose normale. Elle recommande au gouvernement ainsi qu’au ministère de l’éducation de penser à mettre en place de mesures d’accompagnement très réfléchis et qui seront très suivies. Ces mesures peuvent consisté notamment à la sensibilisation des enfants.
« Les enfants doivent arriver à comprendre que lorsqu’ils voient leur camarades enceintes, elle a été victime de viol. Une victime de viol a besoin d’être soutenue. Ils doivent aussi apprendre à dénoncer des cas d’harcèlements, d’abus, que ça soit à l’école, à la maison ou partout ailleurs », a-t-elle insisté.
Enfin, elle recommande au ministère de penser à organiser des ateliers de réflexion tant au niveau national que dans des provinces où l’on attrape les membres de l’EPST, des enseignants, des organisations impliqués dans la défense des droits des enfants et des filles.
ANASTASIE MIMBOLO