Peuples et Forêts au Centre Wallonie-Bruxelles | L’art comme catalyseur de solutions durables pour le poumon vert congolais

La saison culturelle 2026 du Centre Wallonie-Bruxelles a été lancée ce vendredi à Kinshasa sous le signe de l’engagement environnemental, avec le vernissage de l’exposition photographique saisissante « Peuples et Forêts » d’Alain Huart.

Placé sous le thème évocateur de « Racines et Horizons », cet événement majeur a réuni acteurs culturels, diplomates et artistes pour une soirée dédiée à la réflexion sur la protection des forêts et le bien-être des communautés qui en dépendent.

Un appel visuel à la protection de la biodiversité

À travers un périple photographique captivant, d’une richesse visuelle remarquable, Alain Huart nous emmène des sources du fleuve Congo jusqu’à son estuaire. L’exposition explore la diversité des écosystèmes congolais : la forêt équatoriale luxuriante, la forêt sèche du Miombo, les aires protégées vitales, les tourbières fragiles et les mangroves côtières. Le photographe met en lumière le rôle central de l’arbre dans ces différents environnements, tout en soulignant l’interconnexion profonde entre l’eau, le sol et l’air.

Au-delà de la beauté brute de la nature, « Peuples et Forêts » offre des rencontres intimes avec les communautés qui cohabitent avec ces écosystèmes. Des œuvres telles que « Paysanne et 3 enfants » au bord du Lualaba, « Forêt écotouristique des bonobos à Malebo », « Singe magistrat se rassasie dans la canopée » ou encore « L’arbre des singes au point d’eau d’Epulu » témoignent de cette relation symbiotique, mais aussi des défis auxquels ces populations sont confrontées.

Le climat et la durabilité au cœur de la saison culturelle

David Thonon, Délégué général Wallonie-Bruxelles, a souligné l’importance de cette exposition et de la saison culturelle dans son ensemble :

« Cette saison portera des projets liés au climat, à la biodiversité, à la durabilité, parce que protéger les racines de la terre, c’est protéger notre avenir commun. »

Il a rappelé la signification profonde de la « terre » et de la « forêt » en RDC, qualifiant le Bassin du Congo de « l’un des grands poumons verts de la planète ». Pour lui, « parler de culture sans parler d’environnement… ce serait un peu comme organiser une fête sans musique. Il manquerait l’essentiel. »

Cette approche thématique ancre fermement la culture dans les enjeux contemporains, faisant de l’art un vecteur de prise de conscience et d’action.

Des solutions concrètes pour un avenir durable

L’exposition « Peuples et Forêts » ne se contente pas de dresser un constat alarmant sur l’état des forêts congolaises, mais propose également des pistes d’action concrètes et innovantes. Alain Huart, à travers ses panneaux explicatifs et ses œuvres, interpelle le visiteur :

« L’avenir de la RDC à l’horizon 2100 dépendra largement des comportements humains, de la façon dont les forêts seront épargnées, exploitées durablement et protégées. »

Il alerte sur les conséquences de la déforestation et des sécheresses, qui alimentent l’exode rural et créent des villes déconnectées et dépendantes.

Parmi les solutions mises en avant, on retrouve :

  • La foresterie communautaire : Un cadre légal avancé permettant à 308 communautés de gérer 5,7 millions d’hectares de forêts, avec leur consentement préalable.
  • La reforestation et la régénération : Des initiatives locales comme IBI Village, Mampu, Mami Village et Manzonzi, accompagnées d’une rémunération des communautés basée sur les résultats.
  • La prévention des feux : Mise en place de brigades préventives pour éviter les feux de saison sèche.
  • La filière Bois-Énergie Durable : Optimisation de la production de charbon de bois écologique et développement des énergies renouvelables comme le biogaz.
  • Les filières agricoles durables : Développement de plantations pérennes, avec un succès notable pour le cacao, soutenu par des ONG comme TRIAS et RIKOLTO.
  • L’agroécologie périurbaine : Intégration de l’élevage, de l’apiculture et de la pisciculture, soutenue par l’APEFE et ULB Coopération.
  • L’économie circulaire : Exemples concrets d’entreprises comme la Sucrière de Kwilu Ngongo et Kuilu Briques.
  • Les paiements pour services environnementaux (PSE) : Via le fonds CAFI.
  • La finance carbone : Documentée par les rapports de CENADEP et HUMUNDI.

 

Willy Ulengu Samuanda

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