RDC-Ituri | L’insécurité économique s’aggrave à Mambasa sous le poids des taxes illégales imposaient par des groupes armés

Dans le territoire de Mambasa, à l’ouest de la province de l’Ituri, le groupement Bakaeku, situé en chefferie de Babila-Babombi, fait face à une pression économique croissante due à l’imposition de taxes mensuelles arbitraires par des groupes armés se réclamant des Wazalendo, affiliés à la faction de l’Union des patriotes pour la libération du Congo (UPLC).

Cette situation, exacerbée par l’absence de l’autorité de l’État, pèse lourdement sur les opérateurs économiques et la population locale.

Selon Ram’s Malikidogo, un activiste des droits humains actif dans la région, les opérateurs économiques de Bakaeku sont contraints de s’acquitter d’une taxe mensuelle dont le montant varie entre 10 000 et 25 000 Francs congolais (FC), en fonction de la nature de leurs activités. Cette ponction financière s’ajoute aux difficultés déjà existantes dans une zone où la présence des autorités légalement établies est quasi inexistante.

« La situation est critique pour les opérateurs économiques car ils sont obligés de payer la somme proposée selon la nature de leur activité. Il n’y a pas la présence des autorités légalement établies dans le groupement Bakaeku », a-t-il déclaré.

Les menaces de ces miliciens ne se limitent pas aux commerçants. La population locale, composée en majorité d’agriculteurs, est également soumise à des prélèvements, sous forme de « jetons » hebdomadaires et mensuels, imposés par ces mêmes groupes armés. Cette situation crée un climat d’insécurité économique généralisée, entravant le développement et le bien-être des habitants.

Face à cette dégradation de la situation, un appel pressant est lancé aux autorités compétentes.

« Nous lançons un appel aux autorités compétentes afin qu’elles viennent en aide à cette population en restaurant son autorité dans cette partie du pays pour que la population se sente également libre et considérée », a plaidé le défenseur des droits humains, soulignant le besoin urgent d’un retour de l’État de droit pour garantir la sécurité et la liberté économique des citoyens.

La prolifération de groupes armés se revendiquant des Wazalendo dans les territoires d’Irumu et de Mambasa constitue un sujet de préoccupation majeur et alimente les débats locaux et nationaux. Il est à noter que des sources sécuritaires indiquent une méconnaissance de l’existence de tels groupes sous cette appellation dans les zones précitées, distinguant ainsi leur présence de celle des Wazalendo du Nord-Kivu qui collaborent avec l’armée loyaliste contre les forces rebelles. Cette distinction souligne la complexité du paysage sécuritaire dans la région et la nécessité d’une clarification des affiliations et des actions des différents groupes armés opérant sur le terrain.

L’absence de l’autorité de l’État dans ces zones reculées de l’Ituri favorise l’émergence et le maintien de ces milices, qui profitent du vide sécuritaire pour imposer leur loi et ponctionner les ressources économiques locales. Le rétablissement de l’autorité de l’État et la mise en place de mécanismes de sécurité efficaces sont donc des conditions préalables indispensables pour mettre fin à ces exactions et permettre aux populations de vivre dans la dignité et de développer leurs activités économiques en toute quiétude.

 

Willy Ulengu Samuanda

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