Plusieurs jeunes redonnent l’éclat au marché central de Kisangani | Quand la soutane et la mairie s’unissent contre l’insalubrité

Le marché central de la « ville boyomaise » a retrouvé un visage plus humain ce samedi 30 mai 2026. Sous l’impulsion de Mgr Léonard Ndjadi Ndjate, évêque auxiliaire de Kisangani, et en étroite collaboration avec les autorités urbaines, une vaste opération de salubrité a mobilisé des centaines de volontaires.

Munis de pelles et de râteaux, dignitaires religieux et responsables politiques ont prêché par l’exemple pour transformer ce poumon économique en un espace sain.

« La propreté d’un marché n’est pas un luxe, c’est le premier rempart de la santé publique », a rappelé l’un des organisateurs au milieu des tricycles évacuant les détritus.

L’image est forte et hautement symbolique : voir l’évêque et le maire, Delly Likunde, les mains gantées, s’attaquer aux immondices qui étouffaient les allées du marché central. Cette mobilisation, orchestrée par le Bureau diocésain pour la Pastorale écologique, ne se voulait pas seulement une action de nettoyage, mais un acte de sensibilisation profonde. Pour l’Église, la gestion des déchets est une question de dignité humaine.

« La responsabilité de prendre soin de notre maison commune appartient d’abord à chaque famille, à chaque citoyen », a martelé Mgr Ndjadi Ndjate, appelant à une prise de conscience collective pour que l’assainissement devienne un réflexe quotidien et non un événement isolé.

Du côté de l’Hôtel de ville, cette synergie avec l’Archidiocèse est perçue comme un levier pédagogique indispensable. Face aux défis logistiques de la province de la Tshopo, l’implication des leaders d’opinion est une stratégie de gouvernance de proximité. Le maire Delly Likunde a d’ailleurs promis de renforcer les mesures d’accompagnement pour pérenniser ces acquis.

« Nous ne voulons pas d’une ville propre pour un jour, mais d’un système de gestion durable », a-t-il affirmé, soulignant que l’autorité urbaine compte désormais sur une police d’assainissement plus rigoureuse pour maintenir l’éclat retrouvé des abords du marché.

Ce rassemblement citoyen fait écho aux précédentes campagnes d’assainissement lancées en juin 2024, où l’Église s’était déjà illustrée par des actions similaires dans les communes périphériques. À l’époque, la pérennisation de telles initiatives avait été soulevée comme le principal défi. Aujourd’hui, la présence massive de la jeunesse boyomaise témoigne d’un changement de paradigme. Les habitants, enthousiasmés par cette unité d’action, espèrent que cette « thérapie de choc » contre l’insalubrité s’étendra à l’ensemble de la ville, autrefois surnommée « Kisangani la belle ».

L’avenir de la salubrité à Kisangani dépendra désormais de la capacité de la mairie à transformer cet élan volontariste en un service public structuré. Les perspectives pointent vers la création de brigades de quartier et une meilleure gestion de la chaîne de traitement des déchets, au-delà du simple ramassage. En s’appuyant sur l’influence morale de l’Église et la force exécutive de l’État, Kisangani tente de dessiner un nouveau modèle de gestion urbaine où la protection de l’environnement devient le socle d’un contrat social renouvelé.

 

Willy Ulengu Samuanda

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