
À quelques jours du lancement de la deuxième phase du contrôle technique des véhicules à Kinshasa, les autorités provinciales veulent s’assurer que les centres agréés sont réellement en mesure de répondre aux exigences de cette opération.
Vendredi 19 juin, le ministre provincial des Transports et de la Mobilité urbaine, Jesus-Noël Sheke, accompagné du directeur général de la Régie de Fourrière et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK), Joseph Kasinzi Mafolo, a effectué une tournée d’inspection dans plusieurs centres agréés de la capitale.
Cette mission visait à évaluer les capacités d’accueil, les équipements techniques et le niveau de préparation des structures appelées à accueillir les automobilistes lors de cette nouvelle étape du contrôle technique.
« La sécurité routière commence par des véhicules conformes aux normes », ont rappelé les responsables provinciaux au cours de cette visite.
La délégation s’est rendue notamment au Centre Sokin de la Gombe, chez Colonne Motors, Mega Motors, au centre TSC de Limete ainsi qu’au Centre de formation et de contrôle technique automobile de l’INPP. Les autorités ont passé en revue les différents dispositifs utilisés pour vérifier l’état des véhicules, notamment les systèmes de freinage, les suspensions, l’alignement des roues, l’éclairage, la vitesse, le poids et les émissions polluantes grâce à des équipements spécialisés.
Pour le gouvernement provincial, cette étape est essentielle afin d’éviter les dérives qui ont longtemps affecté le secteur. Les autorités entendent mettre fin aux pratiques consistant à délivrer des certificats de conformité à des véhicules qui ne remplissent pourtant pas les conditions techniques exigées.
« La crédibilité du contrôle technique dépend de la rigueur des vérifications effectuées sur le terrain », soulignent les responsables de la mission.
À l’issue de la tournée, le ministre Jesus-Noël Sheke a réaffirmé la fermeté de l’exécutif provincial.
« Aucun véhicule n’ayant pas subi avec succès le contrôle technique ne pourra obtenir un certificat de conformité », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’appliquer strictement les normes en vigueur afin de réduire les risques d’accidents liés aux défaillances mécaniques.
Cette deuxième phase du contrôle technique ne concernera pas uniquement les voitures et les véhicules de transport. Les motocycles, communément appelés « Wewa », seront également soumis à cette obligation. Selon la RFCK, cette mesure vise à mieux encadrer un secteur devenu incontournable dans la mobilité urbaine kinoise, mais souvent confronté à des problèmes de sécurité et de respect des règles de circulation.
« Chaque usager de la route doit contribuer à la sécurité collective », rappelle la régie.
Cette opération s’inscrit dans la politique de modernisation de la mobilité urbaine portée par le gouverneur Daniel Bumba. Les autorités provinciales considèrent le contrôle technique comme un levier important pour améliorer la sécurité routière, réduire les pannes sur la voie publique et lutter contre la pollution générée par des véhicules en mauvais état.
Le ministre a également exhorté les gestionnaires des centres agréés et les agents de la RFCK à faire preuve de professionnalisme, de transparence et de responsabilité.
« La confiance des citoyens repose sur l’intégrité du système », a-t-il insisté, appelant chaque acteur à respecter les procédures établies.
Cette démarche intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à une augmentation constante du parc automobile et à une pression croissante sur les infrastructures routières. Au cours des précédentes campagnes de contrôle, les autorités avaient déjà souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance afin de lutter contre la fraude et d’améliorer la qualité des inspections techniques. Plusieurs observateurs estimaient alors que la fiabilité des certificats délivrés constituait l’un des principaux défis du secteur.
Bientôt l’exécutif provincial ambitionne de consolider un système de contrôle technique plus crédible, plus transparent et davantage orienté vers la prévention des accidents. La réussite de cette deuxième phase pourrait constituer une étape importante vers une meilleure régulation du transport urbain à Kinshasa, où la sécurité des usagers de la route demeure un enjeu majeur de santé publique et de gouvernance urbaine.
Dan Banze Lwaba