
La question du retour des réfugiés est redevenue le centre des discussions diplomatiques ce lundi 22 juin 2026 à Addis-Abeba, lors de la 9ᵉ réunion tripartite entre la RDC, le Rwanda et le HCR.
Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre congolais de l’Intérieur, y a porté la voix d’un gouvernement déterminé à trouver des issues définitives pour ces milliers de vies suspendues à l’exil.
« Nous réaffirmons notre engagement à poursuivre les efforts pour des solutions durables, malgré un contexte sécuritaire complexe », a déclaré le chef de la délégation congolaise, posant ainsi les bases d’un dialogue exigeant.
Le climat des échanges reste pourtant marqué par les cicatrices des provinces du Nord et du Sud-Kivu, où l’instabilité freine les ambitions de rapatriement. Kinshasa n’a pas manqué de pointer du doigt l’impact direct des conflits armés et de la présence de forces non invitées sur son sol, des obstacles majeurs aux résolutions prises l’année précédente.
« Les défis sécuritaires, exacerbés par l’activisme des groupes armés, ont considérablement ralenti la mise en œuvre de nos engagements de juillet 2025 », a martelé le VPM Shabani, soulignant que la paix est le préalable indispensable à tout retour volontaire.
Malgré ces vents contraires, la volonté d’accompagner les réfugiés vers des zones pacifiées demeure la priorité affichée par les autorités congolaises. L’idée est de garantir un retour dans la dignité, là où l’autorité de l’État est pleinement rétablie, avec le soutien logistique et moral du HCR. Comme l’a rappelé Jacquemain Shabani lors de son intervention, « le Gouvernement veut offrir aux réfugiés désireux de regagner leur patrie des zones sûres où la vie peut enfin reprendre son cours normal », saluant au passage la médiation éthiopienne.
Cette rencontre fait écho aux engagements de Genève en 2023, où les parties avaient promis de réactiver les mécanismes de vérification des listes de réfugiés. Pour l’avenir, la perspective réside dans la création de « corridors de retour » sécurisés et un suivi post-rapatriement plus rigoureux. Si la méfiance entre Kinshasa et Kigali reste palpable, la reprise du dialogue technique sous supervision internationale laisse espérer une accélération des processus d’identification, condition sine qua non pour que l’exil ne soit plus une fatalité dans la région des Grands Lacs.
Willy Ulengu Samuanda