Kasaï | Un militaire a ouvert le feu sur des civils à Dekese après une simple dispute de quartier causant des dégâts

Le village de Bolonga, au cœur du territoire de Dekese, s’est réveillé dans la douleur et l’incompréhension ce dimanche 28 juin.

Ce qui n’était au départ qu’une altercation mineure entre deux jeunes filles a basculé dans l’horreur lorsqu’un militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) a fait usage de son arme de service contre la population.

« La gâchette facile a encore une fois transformé un fait divers en drame national », déplore un notable local sous couvert d’anonymat.

Le bilan est lourd : Mitterrand Botumba a succombé à ses blessures après une intervention chirurgicale de la dernière chance, tandis que trois autres civils, dont deux femmes, luttent pour leur survie au centre hospitalier de référence. L’incident a éclaté alors qu’une des jeunes filles impliquées dans la dispute est allée solliciter l’intervention de soldats, lesquels ont ouvert le feu sur un groupe de villageois réunis pour une levée de deuil.

« On ne règle pas un conflit de voisinage avec des munitions de guerre », s’insurge un membre de la société civile.

L’administration du territoire, bien que présente via l’adjoint du titulaire, est restée impuissante face à cette démonstration de force injustifiée. Plus grave encore, la hiérarchie militaire reconnaît qu’aucune mission n’avait été commandée pour cette intervention. Cette absence de commandement soulève la question de la discipline au sein des unités déployées dans les zones rurales.

« L’armée doit être le bouclier du citoyen, pas sa menace immédiate », rappelle un officier supérieur joint par nos soins.

Cette tragédie ravive les tensions politiques dans la région, certains y voyant une manœuvre visant à déstabiliser les partisans de l’élu national Adrien Bokele Djema. Ce dernier a d’ailleurs exigé une enquête immédiate pour que justice soit rendue. Ce drame fait écho à d’autres bavures signalées dans le Kasaï ces derniers mois, illustrant la nécessité urgente d’une réforme de la police de proximité pour éviter que les militaires ne s’immiscent dans des contentieux civils qui ne les concernent pas.

 

Willy Ulengu Samuanda

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