
Le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de promotion de la paix en République démocratique du Congo.
Vendredi 17 juillet 2026, l’organisation a réuni à Kinshasa des professionnels des médias issus de sept provinces dans le cadre d’un atelier de renforcement des capacités consacré aux agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunesse, Paix et Sécurité, inspirés des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies.
« Une paix durable commence par une information juste et accessible », a résumé l’esprit de cette rencontre.

Organisée en présentiel pour les journalistes de Kinshasa et en ligne pour ceux du Kwilu, du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental, de l’Équateur, du Kongo-Central et du Maniema, cette formation avait pour ambition de mieux faire connaître ces deux résolutions internationales encore peu maîtrisées par une grande partie de la population. En dotant les professionnels des médias d’une meilleure compréhension de ces textes, le CAFCO entend renforcer leur rôle dans la sensibilisation du public.
« Informer, c’est aussi contribuer à prévenir les conflits », ont rappelé les organisateurs.
La coordonnatrice provinciale du CAFCO au Kasaï-Central, Monique Ngalula Kapajika, a invité les journalistes à devenir des relais actifs de ces instruments internationaux. Elle a rappelé que la résolution 1325 encourage la participation des femmes aux processus de prévention et de règlement des conflits, tandis que la résolution 2250 reconnaît les jeunes comme des acteurs essentiels de la consolidation de la paix. Elle a également encouragé les participants à prendre part au concours qui sera prochainement lancé autour de ces thématiques.
« Les médias peuvent transformer des textes internationaux en réalités locales », a-t-elle souligné.
Les participants ont salué une initiative qu’ils jugent utile dans le contexte sécuritaire actuel de la RDC. Journaliste basé à Kananga, Bernard Padikuba estime que cette formation lui permettra d’améliorer la qualité de ses productions journalistiques.
« Nous avons compris qu’il est de notre responsabilité de faire connaître le rôle essentiel des femmes et des jeunes dans la construction de la paix. Nous allons produire des émissions, des magazines, des spots et d’autres contenus afin que ces résolutions soient mieux comprises par les communautés », a-t-il déclaré.


Dans la même dynamique, Denise Binama a plaidé pour la création d’un réseau provincial de journalistes spécialisés sur les questions liées aux résolutions 1325 et 2250. Selon elle, une telle structure faciliterait l’accès à des sources crédibles, renforcerait les échanges d’expériences entre professionnels des médias et améliorerait la qualité de l’information produite sur les questions de paix, de sécurité et de gouvernance.
« Une information fiable est un pilier de la paix », a-t-elle affirmé.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis plusieurs années par le CAFCO pour promouvoir les agendas « Femmes, Paix et Sécurité » et « Jeunesse, Paix et Sécurité ». En 2025 et au cours de l’année 2026, plusieurs ateliers avaient déjà réuni des représentants de la société civile, des femmes leaders, des jeunes et des acteurs institutionnels afin de renforcer l’appropriation de ces résolutions et d’améliorer leur mise en œuvre en RDC. Les échanges avaient notamment insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les femmes et les jeunes dans les mécanismes de prévention des conflits, les processus de paix et les instances de décision.

Le défi restera celui de la vulgarisation effective de ces résolutions auprès des communautés. Le concours annoncé par le CAFCO pourrait stimuler la production de contenus médiatiques spécialisés et contribuer à rapprocher les engagements internationaux des réalités locales. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants, le renforcement des compétences des journalistes apparaît comme un levier important pour promouvoir une culture de paix fondée sur une information rigoureuse, vérifiée et accessible à tous.
Anastasie Mimbolo