
La question brûlante de la révision de la Constitution en RDC fait beaucoup parler en ce moment. Avec l’idée exprimée par le Président Félix Tshisekedi et l’UDPS, son parti, de toucher à la Constitution du 18 février 2006, plusieurs voix se sont élevées, notamment du côté de l’opposition. Pour certains opposants et organisations, ce projet de révision est vu comme une tentative du pouvoir actuel de prolonger son mandat indéfiniment.
Dans ce contexte, Constant Mutamba, Ministre de la Justice et figure populaire du gouvernement selon l’opinion, a pris la parole pour clarifier sa position et calmer les craintes. Face aux journalistes ce lundi 4 novembre, il a déclaré :
« Il ne faut pas avoir peur des réformes. Un gouvernement ne peut pas gouverner sans réformes. En réalité, comme je l’ai toujours dit, un ministre qui passe dans un ministère sans apporter des réformes, en fait, a été un touriste passé dans ce ministère-là. Parce que les questions des sociétés se règlent par des réformes. C’est quoi les réformes ? C’est le constat qui est fait et la solution qui à apporter, et ça se fait par les lois, par les textes qui régentent la société. »
Me Mutamba a pris l’exemple de la France, où les ministres se hâtent de proposer des réformes et des projets de loi, y compris parfois des changements de constitution. Citant Pierre-Paul Royer-Collard, il a rappelé une citation forte :
« Les constitutions ne sont pas des tentes dressées pour le sommeil. Elles sont appelées à s’adapter aux réalités sociétales. »
Pour lui, cette phrase résume bien le besoin de faire évoluer les lois en fonction des réalités. Il a ajouté :
« Les lois peuvent être faites et défaites selon le contexte. Ce sont les hommes qui les élaborent pour pouvoir régler des problèmes précis, mais lorsque nous nous rendons compte qu’il y a des failles dans leur application, en tout cas, il convient de pouvoir les adapter. Donc l’adaptation des lois ne devrait pas faire peur aux acteurs politiques, aux gouvernants et aux gouvernés. »
Constant Mutamba cherche ainsi à rassurer : la révision constitutionnelle envisagée n’est pas une manœuvre, mais une démarche de mise à jour des lois du pays pour mieux répondre aux défis actuels.
PLACIDE LUKEKA