Kinshasa veut mettre de l’ordre chez les « Wewa » | Lancement d’un recensement des motocyclistes pour mieux réguler le transport urbain

Dans les artères encombrées de la ville de Kinshasa, ils sont devenus les rois du bitume. Les « Wewa », ces motocyclistes qui slaloment entre les taxis-bus bondés et les nids-de-poule géants, incarnent à la fois la survie urbaine et le chaos d’une capitale tentaculaire. Mais voilà que l’État provincial veut remettre de l’ordre dans ce ballet motorisé.

À compter de cette fin de semaine, un recensement général de ces conducteurs sera lancé sur l’ensemble du territoire de la ville-province, a annoncé Bob Amisso, ministre provincial des Transports.

Selon les chiffres avancés, plus de 40 % des Kinois empruntent quotidiennement une moto comme moyen de transport. Ce n’est pas rien. Ce qui était au départ une alternative face à l’effondrement du réseau de transport public est devenu une industrie informelle, tentaculaire, mal régulée, souvent opaque — et parfois dangereuse. Face aux risques croissants d’accidents, d’agressions, mais aussi d’infiltration criminelle, les autorités veulent désormais reprendre la main.

Le recensement, mené avec les associations de « Wewa » et les services communaux des transports, doit déboucher sur une base de données fiable. L’enjeu ? Identifier, organiser, encadrer. Il ne s’agit plus seulement de tolérer les motos-taxis comme un pis-aller pour une ville en manque de transports publics, mais bien de leur donner un cadre juridique, social, et économique.

Au-delà de la simple identification, le gouvernement provincial veut aussi s’attaquer à l’une des grandes douleurs des usagers : la jungle tarifaire. Une commission spéciale sera chargée d’établir un barème des prix des courses à moto à travers la ville. Une révolution potentielle pour les usagers habitués à négocier leur trajet à chaque carrefour, au gré des embouteillages, de la pluie, ou de l’humeur du conducteur.

« Il s’agit de restaurer de la clarté et de la justice dans un secteur devenu indispensable à la mobilité des Kinois », a martelé Bob Amisso.

Reste à savoir si les « Wewa », souvent méfiants envers toute tentative de normalisation, joueront le jeu jusqu’au bout.

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